Mercredi, 14 Novembre, 2018

Les forces de Bagdad s'imposent à Kirkouk

Le Kurdistan irakien refuse d'annuler les résultats du référendum Les troupes irakiennes s'avancent vers les champs pétroliers de Kirkouk
Manon Joubert | 17 Octobre, 2017, 00:25

Arguant que le référendum a créé un "risque de partition" de l'Irak, le premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, a expliqué dans un communiqué qu'il était de son "devoir constitutionnel d'imposer la sécurité et l'autorité fédérale" à Kirkouk.

A côté de "K1" se trouve une raffinerie à la lisière nord-ouest de Kirkouk. Pour rappel, l'UPK est le grand rival du Parti démocratique kurde (PDK) de Massoud Barzani, et les peshmergas se divisent entre les deux partis. Les troupes irakiennes entendent également reprendre l'aéroport mitoyen.

Les tirs ont fait plusieurs blessés parmi les peshmergas qui ont été hospitalisés à Kirkouk. Les peshmergas assurent en avoir toujours le contrôle.

Après l'échec du dialogue et l'expiration d'un ultimatum fixé par le pouvoir central, l'armée irakienne a repris depuis dimanche soir plusieurs zones et infrastructures de Kirkouk dont les Kurdes s'étaient emparés en 2014 dans le chaos né de la percée fulgurante du groupe jihadiste Etat islamique (EI). Le contre-terrorisme et la police irakienne ont pris lundi le contrôle du siège, désert, de son gouvernorat, a indiqué le général Raëd Jawdat, qui dirige la police fédérale.

Conseiller du président Barzani, Hemin Hawrami a dénoncé sur Twitter des "problèmes internes et des accords ambigus" qui ont mené "des commandants à ordonner à leurs peshmergas de quitter leurs positions".

Le vice-président kurde Kosrat Rassoul, lui-même un dirigeant de l'UPK, s'est toutefois rendu dans la nuit en tenue militaire à Kirkouk, accompagné de cohortes de peshmergas.

Les forces irakiennes se dirigent vers les champs de pétrole de Kirkouk, tenus par le gouvernement de Bagdad jusqu'en 2008 pour celui de Khormala et jusqu'en 2014 pour ceux de Havana et Bay Hassan.

Le sud de la province de Kirkouk est jusqu'alors tenu par des peshmergas affiliés à l'UPK tandis que le PDK contrôle le nord et l'est.

Dans la soirée, un responsable kurde a indiqué, sous le couvert de l'anonymat, qu'une dizaine d'habitations de familles kurdes avaient été incendiées à Toz Khormatou, accusant des unités turkmènes, une importante communauté de la ville à 75 km au sud de Kirkouk, du Hachd.

Les peshmergas contrôlaient jusqu'alors militairement les six champs pétroliers de la région de Kirkouk, qui fournissent 340.000 b/j des 550.000 b/j exportés en moyenne par le Kurdistan en dépit du refus de Bagdad.

Jusqu'à présent, les forces irakiennes se sont contentées de reprendre certaines bases désertées peu avant par les peshmergas.

Le Kurdistan, dont la situation économique reste précaire, pourrait, lui, lourdement pâtir de la perte de ces champs qui assurent 40% des exportations pétrolières de cette région autonome. Dans un communiqué publié lundi, le Commandement conjoint des opérations (JOC), qui regroupe l'ensemble des forces irakiennes engagées dans les opérations, a fait état de la progression dans l'"opération restauration de la sécurité à Kirkouk".

Les principaux dirigeants kurdes ont opposé dimanche une fin de non recevoir au gouvernement de Bagdad qui leur demandait d'annuler le résultat du référendum d'autodétermination du 25 septembre, où le "oui" à l'indépendance l'a emporté à une écrasante majorité.

Selon Erbil, l'Iran a en outre fermé sa frontière avec le Kurdistan, ce que Téhéran a démenti.