Vendredi, 15 Décembre, 2017

Le retrait américain de l'Unesco relève "plus de politique intérieure" — Boniface

Philippe Wojazer  Reuters                       Le logo de l'Unesco à Paris Philippe Wojazer Reuters Le logo de l'Unesco à Paris
Manon Joubert | 13 Octobre, 2017, 00:23

Le département d'État américain annonce que les États-Unis se retiraient de l'Unesco, organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, l'accusant d'être "anti-israélienne". "Cette décision n'a pas été prise à la légère, et reflète les inquiétudes des États-Unis concernant l'accumulation des arriérés à l'Unesco, la nécessité d'une réforme en profondeur de l'organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants", a précisé le département d'État dans son communiqué.

Veuillez vous connecter pour lire l'intégralité. Une choix fort du président de l'époque Barack Obama, qui, avec cette décision ampute le budget annuel de l'institution onusienne de 22%.

"Ensemble, nous avons travaillé avec le regretté Samuel Pisar, Ambassadeur honoraire et Envoyé spécial pour l'éducation sur l'Holocauste afin de promouvoir l'éducation à la mémoire de l'Holocauste dans le monde entier comme moyen de combattre l'antisémitisme et le génocide aujourd'hui, y compris entres autres, la Chaire de l'UNESCO pour l'éducation sur le génocide à l'Université de Californie du Sud et la Chaire UNESCO sur l'alphabétisation et l'apprentissage à l'Université de Pennsylvanie".

Réagissant à la décision des Etats-Unis, la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, qui est sur le départ, écrit: "C'est une perte pour la famille des Nations Unies".

Israël s'est emporté à maintes reprises contre des prises de position de l'Unesco. "Les États-Unis sont importants pour l'Unesco et l'Unesco est importante pour les États-Unis", estime Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco. Ce dernier a donné instruction à son ministre des Affaires étrangères de préparer le retrait de l'État Hébreu, qui était membre de l'organisation des Nations unies depuis 1949.

Le retrait des Etats-Unis et d'Israël de l'Unesco est confirmé. La raison? Le choix de l'organisation de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, "zone protégée" du patrimoine mondial.

La décision avait suscité l'ire des Etats-Unis, dont l'ambassadrice à l'Onu avait dénoncé un "affront à l'Histoire", prévenant que Washington évaluerait "le niveau approprié de son engagement continu à l'Unesco". Avant d'ajouter que cela "discrédite encore plus une agence onusienne déjà hautement discutable". La candidate française, Audrey Azoulay, a pu surmonter son handicap en gagnant 5 voix de plus en une journée. "C'est une perte pour le multilatéralisme", commente-t-elle encore. Et Paris compte bien utiliser le retrait américain pour servir sa candidature. Mais ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis rompent avec l'Unesco. Jusqu'à quatre tours de scrutin peuvent être organisés si aucun candidat n'atteint la majorité absolue. Ce choix sera ensuite soumis à l'approbation de la conférence générale des 195 Etats membres le 10 novembre.