Mercredi, 13 Décembre, 2017

Le président catalan repousse à mardi son intervention devant le parlement

Manifestation de la Place d'Espagne vers la Place de Catalogne contre le référendum d'autodétermination le 3 octobre 2017 à BarcelonePAU BARRENA Manifestation de la Place d'Espagne vers la Place de Catalogne contre le référendum d'autodétermination le 3 octobre 2017 à BarcelonePAU BARRENA
Manon Joubert | 07 Octobre, 2017, 00:07

Le président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, a demandé à comparaître mardi devant le parlement catalan.

Les séparatistes envisageaient une déclaration d'indépendance unilatérale au cours de cette séance.

Selon le gouvernement séparatiste de Carles Puigdemont, qui n'a pas encore publié des résultats définitifs du scrutin, le "oui" à l'indépendance l'a emporté avec près de 90% des suffrages et un taux de participation autour de 42%.

L'impasse semble pour l'instant totale, alors que le gouvernement central de Mariano Rajoy écarte toute possibilité de médiation.

L'instabilité dans cette région alarme les Espagnols, mais aussi l'Europe.

Depuis le référendum d'indépendance de la Catalogne, la crise n'en cesse de se renforcer entre la Catalogne et le pouvoir central.

De même que l'exécutif catalan avait ignoré l'interdiction du référendum et décidé la tenue de la consultation, sans toutefois les habituelles garanties élémentaires de régularité (commission électorale, vote secret.), la présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, a paru indiquer que la session prévue aurait lieu. "Et si on ouvre la boîte de Pandore, demain c'est le Pays basque, et après c'est le Pays basque français, et après c'est l'Italie du Nord, et après c'est la guerre", a estimé sur BFMTV l'ancien Premier ministre français Manuel Valls, originaire de Barcelone.

À Madrid pendant ce temps l'Audience nationale, spécialisée dans les affaires touchant à la sécurité nationale, a entendu le chef de la police catalane, son adjointe et les dirigeants des deux principales associations indépendantistes pour des faits de "sédition ", des manifestations remontant au 20 et 21 septembre.

Le préfet de région, principal représentant de l'État en Catalogne, a pour la première fois présenté des excuses vendredi au nom de ses agents. "Il faut accepter la réalité, il y a un conflit politique, qui ne peut se résoudre que par la voie politique", a jugé Jordi Cuixart. La Cour constitutionnelle espagnole a suspendu, jeudi 5 octobre, la séance plénière du Parlement régional de Catalogne prévue lundi prochain, au cours de laquelle les dirigeants séparatistes menaçaient de proclamer l'indépendance. Jeudi, la banque catalane Banco de Sabadell, la cinquième d'Espagne, a annoncé à l'issue d'une réunion d'urgence de son conseil d'administration qu'elle déménageait son siège social hors de la Catalogne, dans la ville d'Alicante, dans le sud-est de l'Espagne.

Une telle suspension échaufferait encore davantage les esprits en Catalogne, où les violences survenues lors de heurts entre policiers et manifestants le jour du référendum ont suscité la colère.