Samedi, 26 Mai, 2018

L'Académie française vote à l'unanimité contre l'écriture inclusive

L’Académie française le 1er décembre 2016 à Paris L'écriture inclusive, un "péril mortel" pour l'Académie française
Manon Joubert | 28 Octobre, 2017, 00:47

Le poids des mots.

L'écriture inclusive n'est pas du goût de tous et certainement pas de l'Académie française.

Les tenants de cette écriture, parmi lesquels des féministes, proposent notamment d'introduire un nouveau signe de ponctuation, " le point milieu ".

C'est à présent l'Académie française, donc, qui s'exprime sur la question, dans un communiqué bref et incisif: " Prenant acte de la diffusion d'une "écriture inclusive" qui prétend s'imposer comme norme, l'Académie française élève à l'unanimité une solennelle mise en garde ", annonce l'institution. Ils - et elles, ajoutera-t-on pour suivre une autre de leurs préconisations - suggèrent d'écrire " les candidat·e·s à la présidence de la République", plutôt que simplement " les candidats", règle qui, soutiennent-ils (et elles) rend les femmes invisibles. Face à ce danger, soutient-elle, " notre nation est dès aujourd'hui comptable devant les générations futures ". Pour les membres de l'Académie française, l'écriture inclusive "aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l'illisibilité". Jusqu'à ce que soit publié par les éditions Hatierfin septembre un manuel scolaire de CE2, rédigé en "écriture inclusive", ce qui a relancé la polémique. "Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs", soulignent les académiciens.

Il faut toutefois souligner que le cœur de l'écriture inclusive, la représentation des femmes au sein de la langue, n'est pas du tout évoquée par l'Académie: " On voit mal quel est l'objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d'écriture, de lecture - visuelle ou à voix haute - et de prononciation", indique seulement l'Académie, passant à côté de la question sociétale que cette orthographe soulève.