Lundi, 23 Octobre, 2017

Guerre de visas entre la Turquie et les Etats-Unis

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse. Image Keystone
Manon Joubert | 10 Octobre, 2017, 00:18

"Afin de réduire au maximum le nombre de visiteurs à notre ambassade et dans nos consulats pendant que cette évaluation est en cours, nous avons suspendu, avec effet immédiat, toutes les opérations liées aux visas, hors visas d'immigration, dans toutes les missions diplomatiques turques aux Etats-Unis", explique la déclaration citée par les agences.

L'ambassade américaine à Ankara a d'abord déclaré dimanche soir que les Etats-Unis cessaient de délivrer des visas depuis la Turquie, hors immigration. Le gouvernement américain a dit avoir été forcé à réévaluer "l'engagement" de la Turquie à l'égard de la sécurité des services et du personnel des missions diplomatiques, et ce à la lumière des "événements récents".

Jeudi dernier, les Etats-Unis se sont dits "profondément troublés" par l'arrestation d'un employé local de leur consulat à Istanbul pour des liens présumés avec les putschistes à l'origine du coup d'Etat avorté de juillet 2016. Dans une tentative apparente de se moquer de l'annonce américaine, l'ambassade turque à Washington a publié deux déclarations qui étaient presque des copiés-collés de celle de l'ambassade américaine à Ankara. Cette suspension concerne toutes les demandes de visas de tourisme, de voyages professionnels, etc. Les visas d'immigration s'appliquent aux demandeurs de résidence permanente ou de citoyenneté.

Cette guerre des visas est un nouveau point de discorde dans les relations entre Washington et Ankara, de plus en plus troublées depuis 2016. Et de rejeter les allégations le visant comme "totalement sans fondement".

La "guerre des visas" entre la Turquie et les Etats-Unis survient après des mois de tensions croissantes entre ces deux pays partenaires au sein de l'Otan, en raison notamment de désaccords sur le dossier syrien et de plusieurs affaires judiciaires aux Etats-Unis impliquant notamment des gardes du corps du président Recep Tayyip Erdogan et un ancien ministre turc. Erdogan a suggéré en septembre que la Turquie pourrait le libérer en échange de Gülen, mais Washington a montré peu d'intérêt pour cette proposition.