Lundi, 20 Novembre, 2017

Frais bancaires : les banques accusées de contourner les plafonds

L'enquête du magazine 60 Millions de consommateurs et de l'Unaf parle d'un matraquage des clients en difficulté par une cascade de frais pour incidents de compte. Toutes les banques facturent le plafond légal à l'exception de La Banque Postale Frais bancaires : "60 Millions de consommateurs" dénonce le matraquage dont sont victimes les clients les plus fragiles
Napoleon Lievremont | 27 Octobre, 2017, 00:50

Cette étude réalisée avec l'Union nationale des associations familiales (Unaf) a été faite avec un panel de 400 lecteurs, et, de l'autre, sur plus de 200 foyers auprès desquels intervient l'Unaf pour des situations de fragilité financière. Ce seraient même eux les plus impactés par des frais bancaires excessifs. "Une machine infernale" dénonce 60 Millions de consommateurs instaurée par l'ensemble des établissements français (exceptées les banques en ligne) qui s'apparent à un mécanique de facturation devenue, poursuit-elle, "ahurissante".

L'association 60 millions de consommateurs vient de publier ce jeudi les résultats d'une enquête qui révèle que les banques abusent de leurs clients en difficulté financière.

Les banques facturent généralement le maximum légal pour tout frais d'incident. Ainsi, la plus sévère est la BNP Paribas: elle prélève 663 euros de frais en moyenne pour les clients en difficulté, contre 44 pour l'ensemble. "56% des conseillers bancaires interrogés affirment que la commission d'intervention à 8€ est automatisée et n'implique aucune intervention humaine, contrairement à ce que prétendent les banques", explique l'Unaf dans son communiqué.

Halte aux frais bancaires disproportionnés! Et cela peut aller très vite: commission d'intervention (8 euros), rejet d'un chèque inférieur à 50 euros (30 euros, 50 euros si le chèque est supérieur à 50 euros), rejet d'un prélèvement de plus de 20 euros (20 euros). Seule exception La Banque Postale à 6.90€. Une somme qui est essentiellement payée par les ménages fragiles financièrement puisqu'ils sont plus susceptibles de connaître des problèmes, comme des découverts et des impayés. Cette offre, dite "client fragile" propose des alertes par sms, des cartes à autorisation systématique, etc. Elle est facturée trois euros par mois, mais propose des plafonnements de frais bancaires, et est souvent couplée à la disparition du chéquier et de certains moyens de paiements trop risqués.

Grâce ces frais liés aux incidents de fonctionnement qu'elles jugent "punitifs", 60 millions et l'Unaf estiment qu'ils génèrent, pour les banques, un chiffre d'affaires annuel de 6,5 Milliards d'euros et un bénéfice net de 4,9 Milliards d'euros.

Pour autant, la victime type n'est pas forcément classée dans les "populations les plus pauvres", puisque les frais augmentent proportionnellement aux revenus mensuels lorsque ces derniers dépassent 2.000 euros chez les clients en difficulté. Un montant que la Fédération Bancaire dit "ne pas comprendre", 60 Millions de consommateurs n'ayant pas encore rendue publique sa méthode de calcul.