Vendredi, 15 Décembre, 2017

Catalogne: Madrid facilite l'exode des sièges sociaux

Les banques catalanes chutent en Bourse après le référendum Une agence de Banco de Sabadell à Barcelone le 22 décembre 2003LLUIS GENE
Napoleon Lievremont | 07 Octobre, 2017, 00:29

Décidé à empêcher l'indépendance à tout prix, Mariano Rajoy doit réunir son gouvernement vendredi pour étudier de possibles nouvelles mesures.

Ces auditions pourraient encore accroître les tensions entre Madrid et Barcelone, plongés dans la crise politique la plus grave en Espagne depuis que ce pays est redevenu démocratique, en 1977. Pour la troisième banque de la région, il faut réagir: dès demain, son siège social quittera la Catalogne pour rassurer ses actionnaires.

Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a annoncé dans la foulée que les habitants de sa région avaient gagné "le droit d'avoir un Etat indépendant" de l'Espagne. Convoqué en session extraordinaire, jeudi après-midi, le conseil d'administration du quatrième groupe bancaire espagnol (217457 milliards d'euros d'actifs, 11,8 millions de clients, 26384 employés et 2500 agences dans le monde) devait approuver le déménagement du siège social de Sabadell, une ville située au nord de Barcelone où il a été fondé en 1881, pour Alicante ou Madrid.

Les banques catalanes "ont indiqué que si le processus (d'indépendance) se poursuit, elles sont totalement ouvertes à une relocalisation de leur siège", avait déclaré dans la journée le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos à Bloomberg TV.

Pendant ce temps, les milieux économiques se montraient de plus en plus anxieux. Une sortie de l'euro leur ferait perdre leur accès au financement de la Banque centrale européenne.

Les derniers résultats du référendum sur l'indépendance de la Catalogne donnant le "oui" vainqueur à 90,18 %, selon les chiffres du gouvernement régional.

Dans une allocution télévisée diffusée mercredi soir, Puigdemont a vivement critiqué le message du roi Felipe VI aux Espagnols sur la crise, où il avait dénoncé la "déloyauté" de l'exécutif catalan. Une crise qui divise la Catalogne, où vivent 16% des Espagnols et où la moitié de la population n'est pas indépendantiste selon les sondages.

Soufflant le chaud et le froid, il a insisté sur son souhait d'une médiation pour résoudre la crise mais il a aussi souligné que ses partisans étaient plus près "de leur désir historique": l'indépendance.