Vendredi, 15 Décembre, 2017

Catalogne: la police ferme des bureaux de vote, les séparatistes déterminés

Catalogne: la police ferme des bureaux de vote, les séparatistes déterminés Catalogne: la police ferme des bureaux de vote, les séparatistes déterminés
Mickael LaFromboise | 03 Octobre, 2017, 02:00

Des milliers de personnes, brandissant des drapeaux espagnols, ont manifesté samedi à Madrid pour défendre l'unité de l'Espagne à la veille d'un référendum d'autodétermination convoqué par les indépendantistes de Catalogne en dépit de l'interdiction de l'État.

La police a tiré des balles en caoutchouc à Barcelone lors d'une charge contre des manifestants Jon Marauri, originaire du Pays Basque, a montré à l'AFP une de ces balles recueillies après une charge de police contre des centaines de manifestants qui leur barraient la route après que les policiers eurent saisi des urnes dans un bureau de vote.

Des heurts ont opposé à Barcelone forces de l'ordre et votants aux abords d'au moins un bureau de vote.

Des occupations pacifiques ont débuté vendredi soir dans des dizaines d'écoles, avec comme objectif de les maintenir ouvertes pour qu'elles puissent servir de bureaux de vote dimanche.

En cas de fermeture par la police de leur bureau de vote, les gens pouvaient voter n'importe où ailleurs, l'exécutif régional disposant de ce qu'il appelle "un recensement universel".

"Les citoyens de Catalogne, nous avons gagné le droit d'avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d'une République", a déclaré Carles Puigdemont à la télévision. Il a finalement voté dans le village de Cornella del Terri, a constaté un journaliste de Reuters. Ce sont donc les policiers envoyés de Madrid qui l'ont fait, parfois de manière musclée bien qu'ils aient reçu consigne d'agir avec retenue pour éviter les débordements.

Dans les derniers jours précédant ce référendum, interdit par la Cour constitutionnelle espagnole, la police a arrêté des responsables catalans, saisi du matériel de campagne, bloqué l'accès à la plupart des écoles censées accueillir les électeurs et occupé le centre de communication et d'information du gouvernement catalan.

Depuis le 6 septembre, date de la convocation du référendum par le pouvoir régional, ni les poursuites judiciaires ni les arrestations ou perquisitions n'ont dissuadé les indépendantistes de cette région où vivent 16% des habitants du pays d'organiser le scrutin interdit.

Le gouvernement espagnol juge lui-même avoir agi avec suffisamment de vigueur pour priver ce référendum de toute crédibilité. Une majorité est cependant favorable à la tenue d'un référendum sur la question.

A coups de matraque et de balles de caoutchouc, la police espagnole a tout fait dimanche pour tenter d'empêcher un référendum interdit sur l'indépendance de la Catalogne, faisant plus de 90 blessés, Madrid et Barcelone se renvoyant la responsabilité des incidents. Et la Garde civile est intervenue, samedi, au centre de télécommunications du gouvernement régional.

"Nous pouvons tenir un référendum d'autodétermination assorti de garanties comme nous nous y étions engagés", a déclaré le porte-parole du gouvernement Jordi Turull.