Samedi, 21 Octobre, 2017

Alimentation : Macron annonce une loi pour mieux rémunérer les agriculteurs

Emmanuel Macron ici lors d'un discours à la Sorbonne en septembre 2017 annoncera une série de mesures conclusives au premier chantier des Etats généraux de l'alimentation mercredi 11 octobre vers 17h sur le marché national de Rungis Alimentation: Emmanuel Macron annonce une loi pour mieux rémunérer les agriculteurs
Napoleon Lievremont | 13 Octobre, 2017, 00:18

" Nous modifierons la loi pour inverser la formation du prix qui partira du coût de production", a déclaré le chef de l'État à mi-parcours des États généraux de l'alimentation, à Rungis (Val-de-Marne).

S'ouvre en effet le deuxième chantier des Etats généraux pour " une alimentation saine, sûre durable et accessible à tous", et vont débuter les négociations annuelles entre les distributeurs et leurs fournisseurs, habituellement très tendues et qui influencent fortement les prix payés aux agriculteurs. Emmanuel Macron entend aussi imposer plus de transparence au sein des coopératives, qui agissent parfois dans l'opacité. Le cap est bon, maintenant il faut que cela se traduise par des actes.

Le chef de l'Etat a présenté ce mercredi, à Rungis, ses premières mesures en faveur d'un rééquilibrage de la filière agricole, à l'occasion d'un point d'étape sur les Etats généraux de l'Alimentation. Apparemment, la grande distribution est prête à jouer le jeu, même Michel-Édouard Leclerc.

" Emmanuel Macron a tracé un cap ambitieux de transformation". Ainsi, il renouvelle son engagement électoral " d'atteindre 50% de produits bio ou locaux en restauration collective d'ici 2022 ".

Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'il voulait légiférer par ordonnances au premier semestre 2018 pour rééquilibrer les contrats entre agriculteurs et distributeurs ainsi que sur le seuil de revente à perte, afin que les agriculteurs soient mieux rémunérés. Insistant également sur le lien avec le local et les territoires, il a même exhorté l'agriculture française à résister à la fuite en avant des exportations à bas coût, si longtemps vantées: "Ce travail auquel je vous invite, c'est celui qui consiste à ne pas vous promettre de concurrencer demain la ferme des 100.000 vaches en Chine, ni le Brésil, l'Ukraine ou la Russie sur la gamme des poulets congelés". Une bonne orientation, d'autant plus que ces nouvelles dispositions s'accompagnent d'une condamnation des dégâts environnementaux causés par l'agriculture intensive: "Notre agriculture doit réduire sa dépendance aux intrants chimiques qui polluent nos sols, nos cours d'eau et nos nappes ", a indiqué Emmanuel Macron qui - autre mesure courageuse et novatrice - a décidé que désormais pour les produits phytosanitaires " la loi séparera le conseil de la vente ".