Samedi, 18 Novembre, 2017

Turquie : Merkel brise un tabou

TOBIAS SCHWARZ  AFP TOBIAS SCHWARZ AFP
Marie-Paule Arceneaux | 07 Septembre, 2017, 01:51

En réaction aux déclarations d'Angela Merkel lors du débat du 3 septembre, "le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan [Ibrahim Kalin] a reproché un 'manque de vision' et une 'soumission au populisme' à la chancelière allemande" [Ouest France]. "Il est clair que la Turquie ne doit pas devenir un membre de l'Union européenne", avait dit la chancelière, ajoutant vouloir "discuter avec [ses] collègues [de l'UE] pour voir si nous pouvons parvenir à une position commune sur ce point et si nous pouvons mettre fin aux négociations d'adhésion." . La chancelière a paru surprise par le revirement de son rival, qui avait soutenu le processus d'adhésion ouvert en 2005. Il résulte avant tout de la dérive autoritaire en Turquie et d'une profonde détérioration des relations entre Ankara et l'UE, Allemagne en tête.

Angela Merkel s'est dite prête à fermer les portes de l'Europe à Ankara, soulignant qu'une décision à l'unanimité était nécessaire au niveau de l'UE. Ankara, qui avait multiplié les provocations pendant des mois, accusant tour à tour l'Allemagne "de pratiques nazies", de "défendre des terroristes" ou appelant purement et simplement les électeurs allemands d'origine turque à voter "contre Merkel et le SPD", se retrouve pris à son propre piège. L'accord conclu pour fermer la frontière aux migrants n'est en revanche pas remis en cause.

Vers une fin des négociations?

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"Je ne vois pas l'adhésion arriver et je n'ai jamais cru que cela puisse survenir", a-t-elle encore expliqué. Elle craint que la Turquie ne se tourne vers la Russie. "Lundi, l'un d'eux a été relâché", mais onze autres se trouvent donc toujours écroués "pour des raisons politiques", note Le Figaro.

"Pour l'instant, la Turquie n'est absolument pas en position de rejoindre l'Union européenne", a-t-il ajouté, bénéficiant de l'appui du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Elle devient effectivement épineuse pour les Vingt-Sept.

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a tenté de calmer ce jeu de la surenchère. Les promesses de campagne ne seront pas simples à tenir.