Mercredi, 13 Décembre, 2017

Trump veut réformer l'ONU: qu'attendre de son premier discours à l'Assemblée?

L’Assemblée générale de l’ONU à New York. Eduardo Munoz – Reuters L’Assemblée générale de l’ONU à New York. Eduardo Munoz – Reuters
Manon Joubert | 19 Septembre, 2017, 00:52

Il se disait que le tout nouveau secrétaire général de l'Organisation, le Portugais Antonio Guterres, était mort de peur à l'idée que Donald Trump saisisse l'occasion pour réitérer, en sa présence, ses critiques contre une institution "faible et incompétente" qui n'est "une amie ni de la démocratie, ni de la liberté, ni même des Etats-Unis qui, pourtant, l'hébergent", ainsi qu'il l'affirmait durant sa campagne électorale. En août, les Etats-Unis avaient approché une quinzaine de capitales, dont Berlin et Londres, mais ni Paris ni Rome, avec un premier projet de texte insistant sur la responsabilité du secrétaire général dans les réformes.

Les discours pour l'Assemblée générale annuelle de l'ONU commenceront mardi avec notamment ceux des dirigeants américain, français, marocain, turc ou israélien.

Le ballet diplomatique débute lundi à 14h GMT par une cérémonie présidée par Donald Trump, au cours de laquelle environ 130 pays endosseront une déclaration politique non contraignante en dix points poussant l'ONU à se réformer. "Nikki Haley avait parlé vendredi d'un " chiffre miraculeux ".

Il souhaite que l'Onu réduise ses frais de fonctionnement et qu'elle soit moins bureaucratique. L'objectif de cette déclaration est de rendre "plus efficace et performante" une organisation souvent critiquée pour ses lourdeurs administratives coûteuses.

"Le milliardaire américain, qui avant son élection avait qualifié l'ONU de " club " où les gens " passent un bon moment ", veut voir ses coûts fortement réduits. Le couple franco-américain, qui (sur) joue la carte de l'amitié depuis des mois, va d'autant plus être scruté que plusieurs poids lourds de la diplomatie - Vladimir Poutine, le président chinois, Xi Jinping, et la chancelière allemande, Angela Merkel - brilleront par leur absence. Trump a appelé à "se concentrer plus sur les populations et moins sur la bureaucratie", "plus sur les résultats que sur le processus". Ce qui autorise les pays signataires, comme au secrétaire général, de soutenir l'initiative américaine sans crainte. Et l'initiative américaine est venue s'entremêler avec les réformes structurelles engagées par Antonio Guterres. "Les réformes avancées par Guterres et les Américains sont assez clichées et très consensuelles, note Stephen Schlesinger, du think-tank Century Foundation, à New York, auteur de Act of Creation, un ouvrage sur la naissance des Nations unies".

Guterres a déclaré que des efforts étaient nécessaires pour réformer les "structures éclatées" et les "procédures byzantines" de l'ONU, afin d'en faire une organisation mondiale "plus souple et plus efficace, plus flexible et plus productive".