Vendredi, 15 Décembre, 2017

Merkel veut mettre fin aux négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE

Un duel télévisé opposera dimanche Angela Merkel à son rival Martin Schulz. AFP  Tobias SCHWARZ Un duel télévisé opposera dimanche Angela Merkel à son rival Martin Schulz. AFP Tobias SCHWARZ
Charles Cochet | 06 Septembre, 2017, 00:35

Angela Merkel et la CDU caracolent toujours en tête, Martin Schulz et le SPD restent loin derrière. "Il est clair que la Turquie ne doit pas devenir un membre de l'Union européenne", a insisté la chancelière, ajoutant vouloir "discuter avec (ses) collègues" de l'Union européenne "pour voir si nous pouvons parvenir à une position commune sur ce point et si nous pouvons mettre fin aux négociations d'adhésion". Le duel télévisé qui les oppose, ce soir, sera un choc de personnalités, en même temps que l'ultime carte du social-démocrate avant les élections législatives du 24 septembre.

Le support de l'Union européenne à la Turquie n'est pas "illimité et inconditionnel", a souligné le porte-parole européen, rappelant les déclarations tenues récemment par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker.

Le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan a reproché lundi un "manque de vision" et une "soumission au populisme" à la chancelière allemande Angela Merkel qui s'est dite favorable à un arrêt des négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'UE. En novembre dernier, les députés européens ont demandé le gel temporaire des négociations d'adhésion d'Ankara à l'UE.

Les relations entre la Turquie et l'Allemagne se sont particulièrement tendues depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016, imputé au prédicateur musulman Fethullah Gülen, qui nie les faits.

Les autres redoutent un violent retour de flamme dont l'ensemble des Européens pâtiraient.

Les propos de la chancelière marquent un net durcissement de la position du gouvernement allemand, alors que les sujets de discorde et de tension entre Berlin et Ankara s'accumulent depuis plusieurs mois. C'est qu'à l'heure où l'Union européenne s'efforce de juguler les flux de migrants clandestins, d'éradiquer le terrorisme sur son territoire (et, partant, d'identifier les "combattants étrangers" de retour de Syrie et d'Irak) ou encore de renforcer sa coopération avec l'Otan, face à la Russie, la Turquie a de nombreux atouts dans son jeu.

Le cas le plus emblématique est celui du germano-turc Deniz Yücel, détenu depuis fin février. Le ministère attend encore une confirmation formelle de la part des autorités turques.

Ankara accuse Berlin de faire preuve d'indulgence envers des "terroristes", en abritant des séparatistes kurdes et des putschistes présumés.