Dimanche, 19 Novembre, 2017

Loi Travail : Martine Aubry dénonce la "vision du passée" d'Emmanuel Macron

Martine Aubry critique sévèrement Emmanuel Macron et Muriel Pénicaud Pour Martine Aubry, Emmanuel Macron "utilise les vieilles recettes du Medef des années 80"
Manon Joubert | 07 Septembre, 2017, 01:44

"La modernité, c'est pas de précariser, c'est pas de revenir sur des droits collectifs". "Aujourd'hui, on y voit clair sur le mauvais départ du président de la République et de son gouvernement".

Martine Aubry n'est pas plus tendre avec la ministre du Travail, qui était pourtant sa conseillère formation au ministère du Travail entre 1991 et 1993. Invitée de France inter ce mercredi 6 septembre s'en prend une nouvelle fois à Emmanuel Macron.

"Recettes des années 80 du Medef" "Les Français les jugent sévèrement et je crois qu'ils ont raison parce que dans le fond, aucune des priorités de la France aujourd'hui, l'emploi - quand on commence par supprimer les emplois aidés -; le pouvoir d'achat - quand on baisse l'APL et qu'on taxe les retraités avec la CSG -; la croissance, la préparation de l'avenir, l'université, la recherche, n'est traitée", a dit Martine Aubry. "C'est triste d'entendre quelqu'un dont je connais les convictions dire quelque chose qu'elle ne peut pas partager".

"Avec la réforme du code du Travail, Emmanuel Macron " reprend les recettes des années 80 du Medef", poursuit la maire de Lille". "Croire que c'est en précarisant les salariés, en controunant les syndicats (...) qu'on rendra les entreprises compétitives, c'est une vision du passé", martèle l'élue. D'entrée de jeu, Martine Aubry annonce qu'elle n'ira pas à la manifestation du 23 septembre contre la réforme du travail organisée par la LFI. Là, ça devient un droit pour l'entreprise: "on pourra faire se succéder les CDD, licencier pour un motif économique incontrôlable, on pourra délocaliser, il n'y a plus de droit", a-t-elle encore déploré.

Mais la maire de Lille n'est pas que dans la dénonciation. "J'ai toujours considéré que le droit du travail était une affaire des syndicats", prétexte-t-elle.

Pour Martine Aubry, Emmanuel Macron et le gouvernement d'Edouard Philippe ont fait "un mauvais départ" que traduisent les sondages. Pire, à ses yeux, ils ne veulent "pas réunir la gauche" mais "être les seuls à porter la contestation". Interrogée sur Jean-Luc Mélenchon, elle répond: "Il a du talent, un certain charisme, mais moi je ne fais pas de la politique pour me mettre en avant".