Mardi, 19 Septembre, 2017

Les concessions américaines pour obtenir des sanctions contre la Corée du Nord

Réunion du conseil de sécurité de l'ONU consacré à la Corée du Nord le 4 septembre 2017 à New YorkSTEPHANIE KEITH Réunion du conseil de sécurité de l'ONU consacré à la Corée du Nord le 4 septembre 2017 à New YorkSTEPHANIE KEITH
Manon Joubert | 12 Septembre, 2017, 00:25

Ces embauches seraient soumises à une autorisation du Conseil de sécurité.

Le vote se tiendra à 22H00 GMT lundi, a indiqué la présidence éthiopienne du Conseil de sécurité.

Il faut dire que de nouvelles sanctions lui pendent au nez, suite à son missile qui a carrément survolé le Japon fin août et surtout à son sixième essai nucléaire effectué il y a un peu plus d'une semaine. Selon des diplomates interrogés dans la presse américaine, il prévoit, tout d'abord, un embargo "progressif" sur le pétrole destiné à Pyongyang (et non plus un embargo "total et immédiat" comme l'exigeait le premier jet américain).

(1) Pour être adoptée, une résolution doit obtenir les voix d'au moins neuf des 15 membres du Conseil de sécurité et éviter un veto de l'un de ses cinq membres permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne). Les importations nord-coréennes de produits pétroliers raffinés seraient en revanche plafonnées à deux millions de barils par an, les importations de pétrole brut seraient pour leur part plafonnées à leur niveaux actuels. Ensuite, une interdiction pour les États membres des Nations unies d'importer du textile nord-coréen, afin d'isoler commercialement le pays. La Corée du Nord n'a pas décidé de changer de discours et proféré hier soir de nouvelles menaces terribles à l'encontre des Américains. Des quatre autres responsables nord-coréens initialement visés, un seul reste concerné.

"Nous avons été clairs durant des consultations étroites avec les Américains sur le fait que le pétrole devait être inclus comme un élément des sanctions", a commenté devant des journalistes la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères Kang Kyung-Wha.

KENA BETANCUR
Corée du Nord : Washington impose un vote lundi à l'Onu sur de nouvelles sanctions

"La Corée du Nord semble chercher à accumuler des raisons pour des provocations supplémentaires à l'approche du vote du Conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Unification Baik Tae-hyun, lors d'un briefing de presse. Pour rappel, les programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord sont interdits par les Nations unies, qui ont donc par le passé adopté sept paquets de sanctions, toujours de plus en plus dures. Les résolutions de l'ONU ont été à chaque fois plus sévères. Ces derniers sont jugés menaçants pour la paix régionale et mondiale par la communauté internationale.

La Corée du Nord a prévenu ce lundi les Etats-Unis qu'elle leur infligerait "la plus grande des souffrances et des douleurs de toute leur histoire" s'ils persistent à faire en sorte que l'Onu adopte de nouvelles sanctions à son égard. Le ministère des Affaires étrangères avertit encore que si Washington "met en place cette résolution illégale sur un durcissement des sanctions, la Corée du Nord fera en sorte d'être absolument sûre que les États-Unis en payeront le prix".

La diffusion de ce document survient à la veille d'une décision attendue lundi du Conseil de sécurité sur un huitième train de sanctions contre la Corée du Nord. Il faisait suite à deux tirs de missiles intercontinentaux nord-coréens.

Il n'a guère encore produit d'effets, étant trop récent et alors que les conséquences de sanctions ne peuvent intervenir que sur le long terme, lorsqu'elles sont respectées. Il a fallu plus de dix ans pour amener l'Iran à négocier son programme nucléaire.

Dans un rapport publié ce week-end, des experts de l'ONU notent que "plus le régime de sanctions est étendu" pour la Corée du Nord, "et plus les contournements sont nombreux" venant de ce pays, que ce soit pour "l'embargo sur les armes", "les sanctions financières" ou "sectorielles sévères".