Vendredi, 15 Décembre, 2017

Expulsé de Turquie, le journaliste Loup Bureau "très soulagé" d'être en France

Libération de Loup Bureau – Le journaliste Loup Bureau en route pour Paris Ses 51 jours de prison en Turquie, le coup de fil d'Emmanuel Macron… A peine arrivé à Paris, Loup Bureau se confie
Charles Cochet | 18 Septembre, 2017, 01:03

Il raconte ne pas avoir été maltraité physiquement "mais il y a eu des menaces, des intimidations". J'ai été en garde à vue pendant 6 jours avant d'aller en prison. Il a expliqué que son fils "avait subi des sévices physiques et psychologiques" et avait désormais besoin de repos.

Loïc Bureau, son père s'est lui aussi dit soulagé, indiquant que "la médiatisation" avait été essentielle dans déblocage dela sitaution, tout comme "la prise de position publique" des politiques.

" Je suis très fatigué mais très content d'être là ", a déclaré Loup Bureau, ajoutant qu'il avait été " jusqu'au bout dans l'incertitude de pouvoir partir ". Et d'ajouter qu'à partir du moment où le président de la République a déclaré qu'il demandait sa libération, plusieurs changements ont eu lieu dans sa captivité.

Fin août, le président Macron avait demandé sa "libération rapide" à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Laquelle est intervenue dans la foulée d'une visite du chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian, à Ankara.

La libération de Loup Bureau, incarcéré à Sirnak, ville du sud-est de la Turquie, avait été annoncée vendredi.

La justice turque s'est opposée pendant plusieurs semaines à la libération de Loup Bureau, étudiant en journalisme arrêté le 26 juillet à la frontière entre l'Irak et la Turquie avec, en sa possession, des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens.

L'avocat a précisé que Loup Bureau allait " devoir continuer à s'expliquer " mais qu'il ne retournerait pas en Turquie. Mercredi soir, le procureur a rendu un acte d'accusation qui l'accuse rien de moins que d'appartenir à une organisation terroriste et il sera vraisemblablement jugé en son absence. "S'il devait être condamné, il pourrait faire l'objet d'un mandat d'arrêt qui l'empêcherait de travailler dans le reste du monde", a confié à l'AFP Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF).

Un constat partagé par le père du reporter.

Le journaliste, dont l'avion s'est posé à 06H45 GMT à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, a été accueilli par sa famille et sa petite amie, avec accolades et embrassades. Les journalistes turcs sont de loin les plus touchés, mais leurs confrères étrangers ne sont pas épargnés.