Samedi, 21 Octobre, 2017

Budget 2018 : un difficile équilibre

Les ministres de Bercy Gérald Darmanin et Bruno Le Maire présentent mercredi le projet de loi de finances pour 2018 Les ministres de Bercy Gérald Darmanin et Bruno Le Maire présentent mercredi le projet de loi de finances pour 2018
Napoleon Lievremont | 29 Septembre, 2017, 00:29

Objectif ambitieux mais nécessaire dans un pays qui est au premier rang de l'OCDE pour ses dépenses publiques.

Le texte présenté par le duo Darmanin-Le Maire ne prévoit de surcroît qu'une baisse de 0,1 point du déficit structurel en 2018, quand l'Europe exige un ajustement supérieur à 0,5 point. La dette est stabilisée à 96,8 % du PIB.

Dans le détail, la totalité de la dépense nette prévue pour l'Etat passera de 384,8 milliards d'euros à 386,3 milliards l'an prochain. "Un projet de budget sincère, audacieux dans sa manière de transformer l'économie française et juste dans sa répartition entre les Français", a souligné Bruno Le Maire en propos liminaire. Auditionné devant la commission des finances de l'Assemblée nationale, le président du HCFP, Didier Migaud, a reconnu que les économies n'étaient pour l'heure pas assez documentées pour qu'il se prononce sérieusement.

Il met en garde, toutefois, contre les "risques significatifs" sur la réalisation des économies prévues, dont une partie repose sur un effort des collectivités locales, par nature difficile à apprécier.

Les dernières annonces des ministres chargés des Finances publiques et les informations recueillies par certains médias laissent entendre que le déficit public prévu pour 2018 est désormais de 2,6 % du PIB, mais aussi que les dépenses publiques pourraient augmenter d'environ 0,4 % en euros constants.

- Le redressement durable des comptes publics par la baisse de la dépense publique. Qu'importe si le gouvernement a finalement revu à la baisse ses objectifs d'économie pour 2018 annoncées depuis l'arrivée à Matignon d'Edouard Philippe, Darmanin a trouvé sa formule: "Nous inversons une courbe". 7 milliards d'euros sur le budget de l'Etat? Le Haut Conseil rappelle d'ailleurs que "la prévision des recettes tirées des prélèvements obligatoires" est également "prudente".

Ces mesures seront complétées par une suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé, dont le coût sera compensé par une hausse de 1,7 point de la CSG, un impôt prélevé directement sur les salaires et les primes afin de financer la protection sociale. C'est près de quatre milliards de hausse d'impôts l'an prochain. A travers ces premiers budgets du quinquennat, complétés d'un projet de loi de programmation des finances publiques pour la période 2018-2022, la France entend restaurer sa crédibilité auprès de ses partenaires européens. Le gouvernement veut définir les missions de service public - une concertation sera lancée en novembre - avant de décider des coupes importantes, le but étant d'atteindre 50.000 postes au sein de l'État en cinq ans (sur les 120.000 suppressions promises dans les trois fonctions publiques).