Samedi, 18 Novembre, 2017

Birmanie. Les massacres de Rohingyas rattrapent Aung San Suu Kyi

Soldats birmans Birmanie Moscou appelle les parties en conflit à se mettre à la table des négociations REUTERS Soe Zeya Tun
Manon Joubert | 07 Septembre, 2017, 01:29

Les combats ont aussi fait au moins 400 morts, dont 370 'terroristes' rohingyas, selon l'armée.

Plus de 2600 maisons ont été détruites dans des villages non musulmans, ainsi que 138 dans des villages musulmans, a affirmé lundi le bureau de la cheffe du gouvernement birman Aung San Suu Kyi dans un communiqué. La lauréate du prix Nobel de la paix dénonçait hier, lors d'un échange téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, un " iceberg de désinformation " concernant les massacres d'apatrides rohingyas en Birmanie. L'exode s'est accéléré depuis le 25 août, après que les rebelles de l'Arakan Rohingyas Salvation Army (Arsa) eurent attaqué simultanément une vingtaine de postes de police et de l'armée dans la région de l'Ankaran. L'armée birmane a lancé une vaste opération dans cette région pauvre et reculée, l'Etat Rakhine, obligeant des dizaines de milliers de personnes à fuir, au risque d'une crise humanitaire. 'A cause des arrivées massives de réfugiés, une immense crise humanitaire se déroule ici', a déclaré Nur Khan Liton, célèbre militant des droits de l'homme au Bangladesh. Si l'on ne dispose d'aucun bilan du nombre de victimes depuis que les persécutions se sont déclenchées en 2012, environ 400.000 Rohingyas auraient fuit le pays, principalement vers le Bangladesh voisin, qui repousse désormais les nouveaux arrivants. Le Haut-Commissariat aux réfugiés soulignait, lui, la saturation des camps de toile et l'état de santé inquiétant des populations accueillies, en pleine saison des pluies.

"Ces personnes ont faim, ont soif et sont malades".

Les organisations pensent que des milliers d'autres sont toujours en chemin.

La première ministre bangladaise Sheikh Hasina a demandé aux responsables de compiler une base de données des empreintes digitales des réfugiés.

Le génocide systématique de la minorité musulmane des Rohingyas de Birmanie se poursuit dans l'indifférence totale des puissances mondiales qui ferment les yeux sur ce que subit cette communauté du Myanmar. Toute la zone pâtit de cette nouvelle flambée de violences. L'eau et la nourriture vont manquer', ajoute-t-il.