Dimanche, 20 Août, 2017

Michel Mercier : de nouveaux soupçons d'emplois fictifs

Michel Mercier en février 2012 Michel Mercier en février 2012. JEROME VALLETTE AFP
Manon Joubert | 12 Août, 2017, 00:31

Comme dans l'affaire Penelope Fillon, les policiers cherchent à déterminer s'il y a bien eu un travail effectué. La justice, qui s'interroge sur la réalité des prestations fournies, enquête pour savoir si cette situation relève du détournement de fonds publics.

Le Canard enchaîné a dévoilé les "détails cocasses" du contrat que Michel Mercier a fait signer à sa seconde fille, Delphine, entre 2012 et 2014. Dans son édition de vendredi, Le Parisien affirme que les enquêteurs s'intéressent désormais à l'épouse du sénateur du Rhône. Celle-ci aurait été sa collaboratrice "sur une période allant de 1995 à 2009".

Devant les enquêteurs, Michel Mercier a défendu le travail effectif de ses proches. Mais les investigations se sont récemment élargies à d'autres membres du cercle familial.

Michel Mercier avait dans un premier temps multiplié les justifications, rejetant toute "intention frauduleuse", et annoncé qu'il remettrait les travaux réalisés par sa fille au Sénat "afin de démontrer l'effectivité de l'emploi". D'après l'hebdomadaire satirique, une autre de ses filles aurait également été employée de 2003 à 2012 comme assistante au Sénat et dans les ministères qu'il a occupés. Ironie du sort, le jour même de son interrogatoire, l'Assemblée nationale adoptait la loi de moralisation de la vie publique qui interdit justement... les emplois familiaux. Il n'a pas donné suite à nos messages hier.

"Alors que ma nomination n'est pas définitive, et dans les conditions créées par l'ouverture de cette enquête, je considère aujourd'hui que je ne pourrai pas siéger avec la sérénité nécessaire au Conseil constitutionnel", a-t-il ainsi expliqué dans un communiqué. Sa nomination avait été publiée jeudi dernier au Journal officiel.

Il a indiqué, par ailleurs, qu'il conservait ses mandats électifs dont son siège de sénateur.