Dimanche, 22 Avril, 2018

L'UE ne reconnaît pas l'élection d'une Assemblée constituante au Venezuela

Venezuela: incohérence sur le décompte des voix aux élections constituantes Venezuela: l'UE envisage "un éventail d'actions", pas de sanctions à ce stade
Manon Joubert | 03 Août, 2017, 00:25

L'élection de l'Assemblée constituante au Venezuela, qui a eu lieu dimanche, n'a plu ni à l'opposition, ni à la communauté internationale. Par ailleurs, l'Union européenne a condamné hier l'arrestation de deux chefs de l'opposition au Venezuela, estimant qu'il s'agissait d'un "pas dans la mauvaise direction" et réitérant son appel à une "désescalade des tensions" qui ont fait plus de 120 morts en quatre mois. Le PDG du groupe a estimé, lors d'une conférence de presse à Londres, que "la différence entre la participation réelle et celle annoncée par les autorités est d'au moins un million de votes". Soit un chiffre supérieur aux 7,6 millions de voix réunies par l'opposition le 16 juillet, lors d'un référendum contre le projet de Constituante. L'opposition a dans cette perspective boycotté le scrutin de dimanche dernier et dénoncé une "fraude" visant en réalité à prolonger le pouvoir du président Maduro. "L'élection de l'Assemblée constituante a durablement aggravé la crise au Venezuela", a déclaré Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie européenne.

Il s'agit de Leopoldo Lopez, 46 ans, fondateur du parti Voluntad Popular (Volonté populaire, droite), et le maire de Caracas, Antonio Ledezma, 62 ans.

"L'installation effective de l'Assemblée constituante devrait être suspendue et les attributions de toutes les institutions telles que prévues par la Constitution devraient être explicitement reconnues", écrit Mogherini. "Les élections illégitimes d'hier confirment que Maduro est un dictateur qui méprise la volonté du peuple vénézuélien", a tonné le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, cité lundi soir dans un communiqué de son ministère qui annonce le "gel" de "tous les avoirs" que posséderait le président vénézuélien aux États-Unis. Elle doit apporter la "paix" et permettre au pays de se redresser économiquement, selon le chef de l'État.

Air Canada et Aéromexico dès 2014, Alitalia en 2015, GOL, Latam et Lufthansa en 2016, suivies de United Airlines, Avianca et Air France en 2017: plusieurs compagnies ont mis fin ou réduit leurs opérations dans ce pays sud-américain secoué par une profonde crise politico-économique, toujours plus isolé.

Dimanche, alors que les bureaux de vote étaient surveillés par l'armée, opposants et forces de l'ordre se sont affrontés à Caracas et dans d'autres villes, faisant dix morts.