Vendredi, 15 Décembre, 2017

Les oeufs vendus en Belgique sont-ils sûrs?

Le Fipronil se retrouve notamment dans certains colliers anti-puces pour chiens et chats Le Fipronil se retrouve notamment dans certains colliers anti-puces pour chiens et chats.-AFP
Napoleon Lievremont | 08 Août, 2017, 00:35

De son côté, l'Allemagne a appelé vendredi Belges et Néerlandais à mener une enquête " minutieuse " sur le frelatage " criminel " de millions d'œufs par un insecticide qui a conduit à des retraits de ventes massifs en Europe. L'usage est néanmoins strictement interdit chez les animaux destinés à la consommation humaine. Les pertes s'élèvent déjà à "plusieurs millions d'euros", selon le syndicat néerlandais des éleveurs de volailles. En Allemagne, en Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas, de nombreuses chaînes de supermarchés ont retiré de leurs rayons des centaines de milliers d'œufs contaminés par un insecticide toxique.

En grande quantité, cet insecticide est considéré comme "modérément dangereux" pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Si ces enquêtes mettaient en évidence que des denrées issues des élevages contaminés étaient commercialisées en France, la Direction générale de l'alimentation procéderait immédiatement à un retrait (et un) rappel de ces denrées du marché", a fait savoir le ministère.

L'affaire des œufs contaminés par une molécule rentrant dans la composition du Fipronil, pesticide pour le traitement du pou rouge chez la volaille, prend de plus en plus d'ampleur.

Comme c'est une affaire qui touche à la santé publique, la Commission Européenne assure la suivre de "très près".

Jusqu'ici, les autorités françaises affirmaient que le pays n'était pas "concerné" par cette crise sanitaire, même si un élevage du Pas-de-Calais a été placé sous surveillance après le signalement de l'utilisation de ce produit par son fournisseur belge. Les œufs qui contiennent la substance sont en effet détruits et les élevages concernés sont bloqués afin que les œufs en question ne finissent pas dans les rayons des magasins ou dans l'assiette du consommateur.

"Nous sommes au courant depuis début juin qu'il y avait potentiellement un problème de fipronil dans le secteur avicole", a déclaré Katrien Stragier, une porte-parole de l'Agence belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), à la télévision flamande VRT. Face aux critiques, notamment des autorités allemandes, le ministre belge de l'Agriculture Denis Ducarme a commandé un "rapport circonstancié" à l'Agence et promis de "faire la transparence la plus complète".

Selon le Ministère français, "la France a été prévenue de cette contamination par le système d'alerte européen " le 20 juillet.

Ils devront aussi soumettre à la NVWA, l'organisme chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire aux Pays-Bas, un plan pour évacuer le fumier afin de préserver l'environnement.