Mercredi, 17 Octobre, 2018

Une enquête ouverte pour le déplacement d'Emmanuel Macron à Las Vegas

Charles Platiau  Reuters                       Muriel Penicaud à l'Elysée le 28 juin Charles Platiau Reuters Muriel Penicaud à l'Elysée le 28 juin
Manon Joubert | 08 Juillet, 2017, 00:52

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour favoritisme et recel de favoritisme dans l'affaire de la soirée organisée par l'agence publique Business France en 2016 autour d'Emmanuel Macron - alors ministre de l'Economie - à l'occasion du Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas.

C'est dans ce cadre qu'ont été invités à la soirée de la French Tech Night, des représentants de start-up, des investisseurs, des journalistes et les institutions derrière le label French Tech. A l'époque directrice générale de Business France, elle aurait été au courant des difficultés comptables liées à l'organisation de l'événement, d'après Libération.

Au total, l'événement a coûté 381.759 euros, dont 100.000 en frais d'hôtel, comme l'a révélé le "Canard enchaîné" le 8 mars. Le 20 juin, le parquet a effectué des perquisitions chez Havas et Business France et, le lendemain, la directrice de la communication et de la promotion de l'organisme public, Fabienne Biothy-Chesneau, avait été entendue par les enquêteurs. Muriel Pénicaud est suspectée d'avoir été informée en amont de dysfonctionnements.

Muriel Pénicaud, qui "prend acte" de la décision du parquet, déclare dans un communiqué attendre "sereinement les conclusions qui seront tirées à l'issue de la procédure". Elle a repris la défense du gouvernement, qui oppose "un contrat cadre qui était plus grand que le contrat pour cette soirée à Las Vegas (.) Mais ce contrat Havas pose aussi des questions parce qu'il y a des proches d'Emmanuel Macron qui ont travaillé chez Havas" a dénoncé la journaliste, "donc ça pose la question de la relation avec cette entité de communication propriété de Bolloré".

La ministre est aussi soupçonnée de n'avoir informé son conseil d'administration qu'en décembre 2016, six mois après avoir reçu le rapport d'E & Y, et d'en avoir présenté " une synthèse biaisée", d'après Libération.

Une information judiciaire est une enquête menée par un juge d'instruction. L'ouverture de cette information judiciaire rend désormais envisageable l'option d'une mise en examen de la ministre sous condition que les juges d'instruction réunissent des "indices graves ou concordants" à son encontre.

Muriel Pénicaud lors de la réunion du congrès à Versailles, le 3 juillet 2017.