Lundi, 20 Novembre, 2017

Turquie: Erdogan a célébré le premier anniversaire du Putsch manqué

Recep Tayyip Erdogan REUTERS Umit BektasAllô Président? Quand Erdogan s'insinue dans le portable des Turcs
Manon Joubert | 16 Juillet, 2017, 00:22

Depuis, le pays a connu des purges d'une ampleur sans précédent dans l'histoire de la Turquie moderne.

Accusant le prédicateur Fethullah Gülen d'être derrière le putsch, ce que nie l'intéressé, Ankara traque inlassablement ses sympathisants depuis un an: 50'000 personnes ont été arrêtées, plus de 100'000 limogées par vagues successives.

"Notre peuple n'a pas abandonné sa souveraineté à ses ennemis et s'est battu pour la démocratie", a lancé le premier ministre Binali Yildirim samedi après-midi lors d'une session spéciale au parlement à Ankara. Des vidéos sponsorisées par le gouvernement racontant l'"épopée du 15 juillet" étaient diffusées à la télévision. En tout, 4 000 magistrats ont été radiés et l'armée turque, la deuxième de l'Otan, est affaiblie, avec le limogeage -jusqu'au décret de vendredi - d'au moins 150 généraux. Le consul général s'est exprimé devant les manifestants qui avaient auparavant scandé le nom de Recep Tayyip Erdogan.

Ses opposants l'accusent de dérive autocratique depuis la tentative de coup d'Etat, mais il a balayé les critiques, notamment occidentales, dénonçant un "manque d'empathie" des pays européens avec lesquels les relations se sont tendues. "Au cours de l'année qui s'est écoulée, la justice a été détruite".

La romancière Oya Baydar revient sur la tentative de putsch qui a permis au président d'imposer l'état d'urgence et d'écraser toute forme d'opposition. Il exhortait ses partisans à descendre dans la rue, ce qui avait conduit des dizaines de milliers de personnes à répondre à son appel.

L'un des épisodes les plus marquants s'est déroulé sur le pont des Martyrs du 15 juillet, ainsi rebaptisé après le coup de force.

Les participants ont observé une minute de silence, avant l'hymne national.