Samedi, 18 Novembre, 2017

La Tension À Son Paroxysme — Défense VS Bercy

PARLY SE VEUT RÉALISTE SUR LE BUDGET DE LA DÉFENSEPARLY SE VEUT RÉALISTE SUR LE BUDGET DE LA DÉFENSE PARLY SE VEUT RÉALISTE SUR LE BUDGET DE LA DÉFENSEPARLY SE VEUT RÉALISTE SUR LE BUDGET DE LA DÉFENSE
Manon Joubert | 14 Juillet, 2017, 00:36

Emmanuel Macron doit rendre son arbitrage ce jeudi soir, lors de la cérémonie traditionnelle qui se tient au ministère de la Défense et à laquelle sont invités les militaires qui doivent défiler le lendemain sur les Champs-Elysées.

Mais ce déplacement traditionnel a cette année comme un parfum d'urgence.

Bercy a récemment transmis à Matignon une proposition pour réduire de 850 millions d'euros le budget de la défense en 2017, selon notre confrère "La Tribune".

La démission de Pierre de Villiers serait un véritable camouflet pour Emmanuel Macron, alors que c'est justement sous son commandement que se déroulera le défilé du vendredi 14 juillet.

Mais aujourd'hui les vieux démons des restrictions budgétaires ciblées "ministères dépensiers" refont surface. Venant de la part de Michel Sapin, lui qui a continuellement ferraillé avec Jean-Yves Le Drian pour raboter chaque année le budget de la défense, cela pourrait presque passer pour un compliment adressé à Edouard Philippe. On ne peut pas demander à nos soldats d'exposer leur vie pour nous défendre et ne pas, ensuite, leur donner les moyens de leur action.

Pour protester contre un serrage de vis budgétaire, c'est le chef d'état-major des armées, le militaire qui est le responsable avec le président de la République du commandement des opérations militaires de toutes les armées françaises, qui a jeté un pavé dans la mare.

Fin mars, devant le Cercle des économistes, le général Pierre de Villiers avait plaidé pour un effort à hauteur de 2% du PIB dès 2022, surcoût des Opex et pensions inclus. Le gradé, auditionné la veille devant la commission de la Défense au Palais-Bourbon, a tapé du poing sur la table, expliquant à qui voulait l'entendre que l'armée avait "tout donné" et jugé que la situation n'est "pas tenable". Réservons les crédits pour l'équipement des forces et les salaires des personnels. Nous ne nous plaignons pas. Pas sûr que le message soit très bien accueilli. Mais, en soufflant le chaud et le froid, il a rappelé que l'uniforme ne protégerait pas de l'effort en termes de comptes publics. "Ce qu'il fallait pour le ministre du Budget, c'est trouver 4,5 milliards, excusez-moi du peu, d'économies budgétaires".

Mais l'heure est à la révision des budgets dans tous les ministères.