Jeudi, 20 Juillet, 2017

La sixième extinction de masse des animaux s'accélère — Biodiversité

C'est officiel, la Terre fait face à la sixième grande extinction et les scientifiques sont très inquiets Des scientifiques inquiets de l'accélération de la sixième extinction de masse des animaux
Charles Cochet | 15 Juillet, 2017, 00:27

Selon l'étude, en plus de cela 30% des espèces en déclin sont communes, c'est-à-dire des espèces dont les populations sont largement distribuées, que l'on peut largement observer en principe. C'est un processus lent et pernicieux où la dégradation des conditions de vie fait perdre des territoires de nourrissage et de reproduction amenant à une baisse des animaux adultes pouvant maintenir la population à un niveau satisfaisant.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont choisi un échantillon de 27.600 espèces d'oiseaux, d'amphibiens, de mammifères et de reptiles (réparties sur les cinq continents) et analysé leur évolution. Sur 177 espèces de mammifères pour lesquelles les scientifiques disposaient des données les plus complètes, ils ont observé une réduction de plus de 40 % de leur répartition géographique - et jusqu'à 80 % pour la moitié d'entre elles. Les chercheurs redoutent l'arrivée d'une "sixième extinction de masse".

Dans une étude publiée ce lundi dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), des chercheurs tirent la sonnette d'alarme sur la disparition inquiétante d'espèces animales et végétales. Selon eux, le nombre de ces animaux reculerait actuellement de manière massive, laissant penser à une nouvelle extinction de masse d'ici peu. La cinquième remontant à 66 millions d'années. D'emblée, les scientifiques posent leur diagnostic: "la sixième extinction de masse est plus importante que l'on ne croit". "Or, la disparition des populations est un prélude à celle des espèces". Les causes sont connues. L'Homme, bien sûr, et l'intensification de l'exploitation agricole et forestière autour du monde, ainsi que les effets de l'urbanisation. Elles sont associées principalement à la disparition de l'habitat des espèces, à la surconsommation des ressources, à la pollution ou encore au développement d'espèces invasives et aux maladies. "La fenêtre de tir pour agir efficacement est très étroite, sans doute deux ou trois décennies au maximum", estiment-ils. Mais aussi au changement climatique, ne pourra plus être enrayée.

C'est une "défaunation " aux conséquences "catastrophiques ".

Elle entraîne de sérieux impacts écologiques, économiques et sociaux.

"Cette extinction massive pourrait avoir de nombreuses conséquences sur le fonctionnement de l'écosystème et les services essentiels au maintien de la civilisation", indiquent les chercheurs. Inquiétant. Mais comme l'explique le chercheur Franck Courchamp dans 20 Minutes, " rien n'est inéluctable ". Pollinisation, l'assainissement de la qualité de l'air et de l'eau, stockage de CO2: la faune est essentielle à notre survie. Ainsi, pour reprendre quelques exemples, la planète comptabilisait en 2016 plus que 35.000 lions à l'état sauvage dans le monde (-43% depuis 1993). 75 % des espèces asiatiques, 56 % des espèces africaines, 60% des espèces australiennes et 40 % des espèces européennes ont même subi une réduction de plus de 80% de leur territoire! Les girafes ont diminués de 115'000 spécimens à à 97'000 entre 19845 et 2015.