Dimanche, 19 Novembre, 2017

Fermeture de l'unique centre de déradicalisation islamiste de France

Le centre de Pontourny a ouvert en septembre 2016 Le centre de Pontourny a ouvert en septembre 2016
Manon Joubert | 29 Juillet, 2017, 00:19

"Le gouvernement a ainsi décidé de mettre un terme à l'expérimentation conduite à Pontourny, sur la commune de Beaumont-en-Véron" est-il mentionné dans le communiqué.

Le centre de prévention, d'insertion et de citoyenneté n'a finalement accueilli que 11 pensionnaires au total, pour une capacité de 25 places.

Un rapport sénatorial publié le 12 juillet critiquait sévèrement la politique de déradicalisation menée en France et demandait notamment la fermeture du centre de Pontourny. Le gouvernement avait décidé d'ouvrir ce centre à titre expérimental. "Aucun de ces jeunes n'a suivi le programme jusqu'à son terme", a écrit le ministère de l'Intérieur dans son communiqué. Il avait été condamné, pour des faits anciens, pour des "violences volontaires", un critère interdit par le règlement du centre. Pire, l'un des pensionnaires, Mustafa S., 24 ans, avait été interpellé lors d'une opération antiterroriste dans le Bas-Rhin à l'occasion d'une permission de sortie, alors qu'il essayait, pour la seconde fois, de partir en Syrie faire le djihad.

Le ministère affirme cependant que cette fermeture ne signifie pas pour autant " l'abandon d'une politique de prise en charge des publics en voie de radicalisation dans des structures adaptées".

Il précise que le gouvernement étudiera la possibilité " d'ouvrir des structures de petite taille pour y accueillir des individus sous main de justice et y développer des solutions alternatives à l'incarcération".

"Toutefois, les choses ont changé depuis l'automne 2016". Le dernier avait quitté les lieux en février.

"La fermeture de ce centre ne doit pas occulter la réalité de la prise en charge en France, qui progresse" a déclaré la secrétaire générale du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), Muriel Domenach.

L'idée défendue était plutôt de " former et structurer les réseaux de travailleurs sociaux: Maison des adolescents, éducateurs spécialisés, missions locales, Fédération des psychologues...