Jeudi, 20 Juillet, 2017

Environnement: un iceberg de 5.800 km2 s'est détaché de l'Antarctique (vidéo)

Un iceberg 55 fois plus grand que Paris se détache de l'AntarctiquePlus Un iceberg 55 fois plus grand que Paris se détache de l'AntarctiquePlus
Charles Cochet | 13 Juillet, 2017, 00:55

Un bloc de glace de 5.800 kilomètres carrés, soit un peu plus que la surface du département de la Creuse (ou 55 fois celle de Paris): c'est la taille exceptionnelle de l'iceberg qui vient de se détacher du continent Antarctique, ont constaté ce mercredi des chercheurs de l'Université de Swansea, au Royaume-Uni. Épais de 350 m, l'iceberg, qui sera probablement baptisé "A68 ", n'aura pas d'impact sur le niveau des océans car il flottait déjà sur l'eau. Cependant, sa disparition devrait accélérer le glissement des glaciers vers l'océan, ce qui se traduirait par une élévation du niveau des mers à l'échelle mondiale. Larsen C pourrait ainsi suivre l'exemple de Larsen B, une autre barrière de glace qui s'était désintégrée de façon spectaculaire en 2002. Adrian Luckman détaille les possibles futurs dans un article du blog du project MIDAS qui surveille les effets du réchauffement climatique dans l'ouest de l'Antarctique. Début juillet, le futur iceberg n'était ainsi plus relié au continent Antarctique que sur cinq kilomètres. Cela fragilise en tout cas le reste de la barrière de Larsen, dont les scientifiques vont surveiller les moindres mouvements et évolutions dans les prochains mois et années. Il s'est séparé de la banquise Larsen C, selon les chercheurs de l'université britannique de Swansea. " Au cours des mois et années qui suivent, explique-t-il, la plateforme de glace pourrait soit progressivement se reconstruire, soit souffrir de nouveau de détachements pouvant conduire à un effondrement".

D'après l'Agence spatiale européenne (ESA), qui a observé le vêlage depuis son satellite Sentinel-1, les courants pourraient entraîner des morceaux jusqu'aux Malouines, générant même un risque pour les navires croisant dans le détroit de Drake (le large bras de mer séparant l'extrémité sud de l'Amérique latine et l'Antarctique). "Et PIG a déjà bien commencé", prévient la scientifique.