Samedi, 21 Octobre, 2017

Trois membres de la famille Villemin en garde à vue — Affaire Grégory

Plusieurs arrestations relancent l'affaire GrégoryPlus Plusieurs arrestations relancent l'affaire GrégoryPlus
Jean-Pascal Bellegarde | 17 Juin, 2017, 07:56

Son état de santé n'a en effet pas permis de la placer en garde à vue.

Près de 33 ans après les faits, l'interrogatoire de cinq membres de la famille Villemin, dont trois en garde à vue, a spectaculairement relancé l'affaire Grégory, du nom d'un garçonnet assassiné en 1984, qui demeure l'une des grandes énigmes policières du XXe siècle en France.

Le procureur, Jean-Jacques Bosc s'est néanmoins montré prudent: "je ne suis pas venu vous dire que j'ai résolu l'affaire Grégory " a-t-il précisé lors de la conférence de presse. Convaincu de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin devait l'abattre d'un coup de fusil de chasse.

La grande tante et le grand oncle de l'enfant, qui "conservent leur droit au silence" selon le procureur de la République, sont toujours en garde-à-vue ce jeudi soir à Dijon. Par contre, la tante de l'enfant, Ginette Villemin a été remise en liberté dans la soirée de jeudi et aucune charge n'a, pour l'instant, été retenue contre elle a annoncé son avocat qui a été la chercher à la brigade de gendarmerie de Dijon. Selon une source proche du dossier, des documents écrits par la grand-tante de Grégory "ont été retrouvés en perquisition" à des fins de comparaison.

De source proche du dossier, Jacqueline Jacob est restée mutique durant sa garde à vue et Marcel Jacob s'est contenté d'affirmer qu'il ne se rappelait rien. Le procureur a encore précisé qu'une autre expertise, menée sur un courrier de menaces visant le juge en charge de l'affaire en 1989, implique cette fois Monique Villemin, la grand-mère du petit garçon, tel que le relaye le site France TV Info. En particulier l'expertise d'une lettre, écrite en 1983: "Les conclusions sont confondantes à l'égard de M Jacqueline Jacob". En février 1993, Christine, la mère, avait été soupçonnée avant d'être innocentée. Mais ne seraient pas les seules. Le procureur général a rappelé que les parents de Grégory avaient reçu des appels téléphoniques menaçants émanant d'une femme et d'un homme à "la voix rauque et essoufflée".

A ce stade, selon le parquet, il est encore impossible d'identifier précisément l'auteur ou les auteurs de l'assassinat.

C'est aussi la première fois que la justice acquiert la certitude que plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime.

Depuis que le dossier a été rouvert en 2008, sur une demande des parents qui voulaient effectuer de nouvelles analyses d'ADN découverts sur certains courriers, les investigations ont été constantes, notamment grâce au logiciel AnaCrim. Cette dernière a été entendue par les enquêteurs sous le statut de témoin.

"Je ne sais pas qui est l'auteur" a affirmé le magistrat mais a indiqué que "je pense qu'on se rapproche de la vérité".

"Quelques jours avant le passage à l'acte, des repérages et surveillances ont été réalisés, opérés par un homme (.) quelquefois accompagné d'une femme ", a révélé le procureur général de Dijon.