Mercredi, 15 Août, 2018

Theresa May reconduit son gouvernement — Royaume-Uni

Theresa May a tenté de rassurer les Nord-irlandais lundi 25 juillet Theresa May le 25 juillet
Max Fresnel | 23 Juin, 2017, 01:17

Après ce dernier résultat, le Parti Conservateur dispose de 318 députés au Parlement de Westminster, à huit sièges de la majorité absolue, tandis que le Parti travailliste en compte 262, d'après les chiffres officiels.

Mme May, qui disposait d'une majorité de 17 sièges dans le Parlement sortant, espérait avoir les coudées franches pour négocier un Brexit "dur" avec les 27 à partir du 19 juin, un an après le référendum pour la sortie de l'UE.

Mais les Travaillistes de M. Corbyn, tenant de l'aile gauche du parti et qui a mené une campagne jugée réussie, ont contrarié ces plans.

- Chute de la livre - La livre sterling a lourdement chuté vendredi perdant 1,5% de sa valeur face au dollar. Idem face à l'euro qui montait à 88,24 pence, contre 86,60 pence.

Quant aux contrats futures sur indice Footsie, ils suggèrent un repli limité du fait de la " corrélation inverse " entre la livre et le FT100, riche en sociétés réalisant l'essentiel de leurs ventes hors du Royaume-Uni.

"Il semble qu'il va y avoir de l'instabilité et qu'il sera plus difficile pour le gouvernement britannique de négocier le Brexit avec une position ferme", relève Tony Travers, de la London School of Economics (LSE).

Dès lors, les tractations vont bon train et les négociations sont particulièrement âpres du côté de l'état-major du parti conservateur - toujours majoritaire- pour tenter de rallier à sa cause d'autres petites formations politique dans le cadre d'une coalition. Selon plusieurs sources, Bruxelles souhaitait que les élections britanniques fassent émerger un leader fort pour un maximum d'efficacité dans les deux ans de négociations intenses prévus.

"Je viens d'aller voir Sa Majesté la reine et je vais maintenant former un gouvernement, un gouvernement qui puisse rassurer et faire avancer le Royaume-Uni en ce moment critique". Largement réélu dans sa circonscription d'Islington, au nord de Londres, il a immédiatement appelé Theresa May à la démission. Le journal de gauche prévoit que "son parti ne va pas lui pardonner d'avoir organisé des élections dont il n'y avait pas besoin, et d'avoir perdu des sièges".

"Les Britanniques se sont exprimés, ils ont voté, donné une majorité au parti conservateur, mais cette majorité est relative, ce qui constitue à bien des égards une forme de surprise", a-t-il déclaré au la radio Europe 1.

Ainsi, les ministres des Finances Philip Hammond, des Affaires étrangères Boris Johnson, en charge du Brexit, David Davis ainsi que la ministre de l'Intérieur Amber Rudd et son collègue de la Défense Michael Fallon restent en place, a indiqué Downing Street dans un communiqué, précisant que d'autres nominations seraient annoncées dans la soirée. "Ce gouvernement guidera notre pays dans les discussions cruciales sur le Brexit qui commenceront dans dix jours et répondra au souhait des Britanniques en menant à bien la sortie de l'Union européenne", a assuré Theresa May. Leur ancien dirigeant, Alex Salmond, a notamment perdu son siège.

Le parti eurosceptique Ukip perd quant à lui son unique siège.

Le commissaire européen français Pierre Moscovici a estimé que Theresa May avait "perdu son pari". "Son leadership est remis en question et elle sera sous pression pour démissionner si les résultats se confirment", a souligné Iain Begg, professeur à la LSE, à l'AFP.

Theresa May accuse le coup d'une terrible défaite, après le résultat ce vendredi, des élections législatives anticipées. "Les électeurs n'aiment pas qu'on prenne leur vote pour acquis", dit-il, énumérant le référendum sur le Brexit et l'élection du président américain Donald Trump.

Theresa May avait convoqué le scrutin en avril, contrairement à ses propres engagements, en espérant surfer sur des sondages créditant son parti d'une avance de 20 points sur le Labour.

Et a situation est d'autant plus brouillée que Le Brexit a été paradoxalement éclipsé durant la campagne par les questions de la protection sociale et de la sécurité, dans ce pays frappé par trois attentats en moins de trois mois.