Vendredi, 15 Décembre, 2017

Theresa May en pleines tractations pour former un nouveau gouvernement

Critiquée de toutes parts la Première ministre Theresa May qui a perdu sa majorité absolue au Parlement en Grande-Bretagne va chercher à rebâtir un nouveau gouvernement Theresa May en pleines tractations pour former un nouveau gouvernement
Jean-Pascal Bellegarde | 12 Juin, 2017, 12:50

"Je vais former un nouveau gouvernement qui mènera à bien le Brexit", a déclaré à la presse Mme May à l'issue d'une brève rencontre avec la Reine Elizabeth II à qui elle a officiellement demandé l'autorisation de former un nouveau gouvernement.

Un tel soutien lui donne une très courte majorité absolue, alors qu'elle avait convoquée ces législatives anticipées afin d'obtenir une majorité renforcée pour négocier la sortie de l'Union européenne avec les 27 à partir du 19 juin.

Les responsables européens se gardent de tirer la même conclusion, conscients que le chaos actuel, qui prolonge l'impression d'improvisation donnée depuis un an par les autorités britanniques, ne fait qu'accroître la pression qui s'exerce sur les négociateurs des deux côtés de la Manche.

La première ministre britannique a perdu son pari, preuve que le vote des électeurs n'est jamais acquis. Son chef de file, Tim Farron, a déclaré que si Theresa May "avait une once d'amour propre, elle démissionnerait". Son leader Paul Nuttal a annoncé sa démission à la suite de cette défaite.

Seul parti résolument europhile, les Libéraux-Démocrates, qui ont désormais 12 sièges (quatre de plus) ont prévenu dès jeudi soir qu'il n'y aurait "pas de coalition".

La livre sterling, a immédiatement chuté à l'annonce des projections à 21H00 GMT, tant face à l'euro que face au dollar, et restait très affaiblie vendredi.

À Paris, le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que ces résultats étaient "une forme de surprise" mais qu'ils ne remettaient pas "en cause" la procédure de divorce de la Grande-Bretagne d'avec l'UE.

Vendredi, le site Politico assurait que des proches de Theresa May avaient en réalité déjà contacté le matin même le chef de cabinet du président de la Commission, Martin Selmayr, en laissant entendre que Londres s'en tiendrait bien au calendrier prévu, ce qui avait suscité une certaine stupéfaction dans l'entourage de Jean-Claude Juncker.

Le commissaire européen français Pierre Moscovici a estimé que Mme May avait "perdu son pari", son homologue allemand, Günther Oettinger, jugeant lui que Londres était désormais un partenaire "faible" et "mauvais" pour négocier le Brexit.

Chantre d'un Brexit "dur", incluant la sortie du marché unique, Theresa May a convoqué ces législatives anticipées pour avoir les coudées franches et faire fi des réticences éventuelles au sein de son parti. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi appelé à "faire le maximum pour éviter" une absence d'accord. "Elles devraient commencer lorsque le Royaume-Uni sera prêt", suggère le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. Mais l'affaiblissement de Theresa May et le bon résultat des travaillistes de Jeremy Corbyn pourraient aussi favoriser une approche plus conciliante vis-à-vis de Bruxelles, un Brexit moins "dur".

L'onde de choc des législatives a également touché l'Écosse, où les indépendantistes du SNP essuient de lourdes pertes, n'ayant plus que 35 sièges contre 56 en 2015.

Après les surprises du Brexit et de l'élection de Donald Trump, "c'est la leçon des deux dernières années", estime Brian Klaas, de la London School of Economics.