Vendredi, 15 Décembre, 2017

Philippe recadre Bayrou, qui ne se démonte pas

Quatre ministres dans la tourmente STEPHANE GEUFROI MAXPPP
Jean-Pascal Bellegarde | 14 Juin, 2017, 04:44

"Le truc est assez simple: quand on est ministre on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen", a cinglé le Premier ministre. "Je comprends parfaitement que l'homme François Bayrou ait été agacé peut-être par la façon dont les questions ont été posées, avec beaucoup de pressions probablement sur des gens qui ne s'y attendaient pas", a indiqué Edouard Philippe, précisant que "l'ensemble des Français peut comprendre ça".

Très vite taxé de porter atteinte à la liberté de la presse, le ministre de la Justice a alors immédiatement répondu qu'il ne faisait nullement pression sur les journalistes.

Celle-ci aurait cumulé, dès 2010, sa fonction avec celle d'assistante parlementaire de la député européenne et actuelle ministre chargée des Affaires européennes, Marielle de Sarnez.

Edouard Philippe a par ailleurs rappelé à tous les ministres la question de l'exemplarité, pas uniquement au titre des fonctions occupées, mais "parce que justement lorsque vous êtes ministres, vos actes, vos propos et votre façon de réagir, parfaitement humaine, ne sont jamais interprétés par vous-même et par les Français, comme simplement humains mais toujours dans le cadre de ces fonctions" a-il-précisé. Le garde des Sceaux s'était plaint auprès de Monin de l'enquête de journalistes de France Info visant le Modem. "Mais il se trouve que lorsqu'on est ministre, on n'est plus simplement un homme animé par ses passions, ses humeurs ou son indignation". Son parti est visé par une enquête préliminaire, ouverte vendredi par le parquet de Paris, qui vise à savoir si le MoDem a salarié des employés en les faisant passer pour des assistants parlementaires européens.

Emmanuel Macron et son ministre de la Justice en ont fait d'emblée un texte emblématique, à la fois de leur alliance et de la promesse de renouvellement de la vie politique sur laquelle le nouveau chef de l'Etat a été élu le 7 mai.

"Aucune enquête n'est embarrassante pour nous", a assuré François Bayrou mardi sur la chaîne Cnews.

Les relations du gouvernement avec la presse ne sont pas simples. "Je n'ai pas souvenir que l'administration ait porté plainte pour la divulgation de documents qui ne sont même pas secret défense ou quoi que ce soit", avait déploré lundi Johan Hufnagel, directeur adjoint de "Libération", auprès de l'AFP. Une sorte de bravade qui devrait animer le conseil des ministres de mercredi.