Vendredi, 15 Décembre, 2017

Macron reçoit Poutine à Versailles

Jean-Pascal Bellegarde | 01 Juin, 2017, 00:44

- Emmanuel Macron a affirmé lundi à Versailles que "toute utilisation d'armes chimiques (en Syrie) fera l'objet d'une riposte immédiate" de la France, et qu'il souhaitait "renforcer le partenariat avec la Russie" sur ce dossier.

Selon le Président français, qui s'exprimait lors de la conférence de presse qui se déroulait ce lundi à Versailles, Vladimir Poutine a promis la vérité complète sur les activités des autorités locales à l'égard des homosexuels en Tchétchénie.

"La lutte contre le terrorisme" est la "priorité absolue" pour la France comme pour la Russie, a souligné M. Macron, évoquant "l'éradication des groupements terroristes et en particulier de Daech", l'acronyme arabe du groupe Etat islamique.

"C'est le fil directeur de notre action en Syrie et ce sur quoi je veux, qu'au-delà du travail que nous menons dans le cadre de la coalition, nous puissions renforcer notre partenariat avec la Russie", a-t-il dit.

Le chef de l'État français a "rappelé" au président russe "l'importance de sujets qui touchent nos valeurs et nos opinions publiques", ainsi que "l'importance pour la France du respect de toutes les personnes, les minorités et sensibilités".

Il a ainsi insisté sur le fait que les discussions en vue de cette transition devaient englober "l'ensemble des parties prenantes du conflit syrien, y compris les représentants de Bachar al-Assad".

Concernant l'Ukraine, le dialogue a été plus ouvert entre les deux dirigeants.

"Mon obsession c'est d'avoir une feuille de route diplomatique et politique claire qui permette de construire la paix et de stabiliser cette région en même temps que nous éradiquons les terroristes", a-t-il dit.

A la fermeté de M. Poutine pour qui "les sanctions" contre la Russie ne contribuent "aucunement" à régler la crise ukrainienne, le président français a répondu en rappelant qu'il y aurait "une discussion" au format Normandie, réunissant Russie, Ukraine, France et Allemagne, dans les "prochains jours ou semaines" pour éviter "une escalade" des tensions dans ce pays.

En avril, le journal d'investigation russe Novaïa Gazeta avait révélé les arrestations et les persécutions des autorités visant les homosexuels en Tchétchénie, république appartenant à la Fédération de Russie.

Vladimir Poutine avait en effet soutenu verbalement François Fillon durant la campagne présidentielle avant de recevoir Marine Le Pen au Kremlin, rappelle La Croix. Pourquoi refuser une rencontre avec une personnalité intéressante pour nous? Côté français, cette invitation pourrait donc être lue "comme un rattrapage" après "le raté" de la visite du président russe en octobre, observe Tatiana Kastouéva-Jean, responsable du Centre Russie à l'IFRI [L'Express].