Samedi, 20 Janvier, 2018

Le parquet général requiert la mise en examen de — Affaire Grégory

Manon Joubert | 28 Juin, 2017, 07:23

Tous deux ont été placés en détention provisoire. Un couple rattrapé par les expertises et surtout, par l'histoire d'un conflit passé.

C'est au regard de ces dernières comme des concordances troublantes avec le profil défini en amont par les analystes (proximité familiale et géographique avec les grands-parents Villemin, contentieux marqué avec cette famille, proximité avec Bernard Laroche.) que le couple Jacob est devenu suspect. Je pense qu'il y a un piège et qu'ils vont nous sortir de nouveaux éléments lundi.

De nouvelles expertises d'une lettre de menaces, manuscrite et anonyme, adressée en 1983 au père de Grégory, orientent les soupçons sur Jacqueline Jacob. Des courriers allant jusqu'à la menace de mort, dont l'un était manuscrit.

- Sur les trois lettres de 1983, l'une d'entre elles "au moins", aurait été écrite par Jacqueline Jacob.

"Ces éléments forment un tout et sont indissociables".

"Les personnes qui ont participé à l'enlèvement sont les auteurs du crime" a estimé le procureur général, Jean-Jacques Bosc, qui a parlé d'un acte "collectif". Il faut l'espérer, car il serait terrible qu'une fois encore, on ait désigné des coupables sans élément suffisant pour aboutir à une certitude.

"Le corbeau s'est exprimé par des lettres et par des appels téléphoniques". Celle d'une femme mais aussi celle d'un homme, grave, essouflée. "Et c'est un point important eu égard au nombre d'appels".

Quels liens le couple entretenait avec les parents de Grégory? Les Jacob "ne présentent pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé", a-t-il ajouté.

Michel et Ginette, qui peinent à dissimuler leur aigreur et leur jalousie sur fond de mésentente conjugale, tiennent par ailleurs à distance Jean-Marie Villemin et sa réussite "tapageuse".

Jacqueline et Marcel Jacob, la tante et l'oncle du père du petit Grégory, ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort. En 1982, il apostrophe son neveu alors tout juste promu contremaître: "Je ne serre pas la main à un chef". Bernard Laroche, tué par Jean-Marie Villemin en 1985, ne pourra plus rien en dire. Ce même Bernard qui "aurait pu participer à l'enlèvement de Grégory" selon le procureur général. L'enfant avait été retrouvé mort noyé dans la Vologne il y a 32 ans.

Ces présomptions justifient-elles une mise en examen? On n'en sait rien " a martelé Me Stéphane Giuranna, qui défend le grand-oncle de Grégory.

Il poursuit: "Le nom de mon client aura été lancé en pâture à la France entière". Il vient seulement de réaliser qu'il n'était pas dans un cauchemar. Ils ont été déférés ce vendredi matin au parquet général de Dijon en vue de leur présentation à un juge d'instruction. Son épouse, Jacqueline Jacob, également âgée de 72 ans, est la grande-tante de l'enfant. Des déclarations faites chez les gendarmes, puis chez le juge Lambert, mais dès que Bernard Laroche est arrêté, elle se rétracte en affirmant qu'elle a subi la pression des gendarmes. Elle a fait valoir son droit au silence, quant à lui, il s'est montré tout juste plus loquace. Ce rebondissement intervient trente-deux ans après le meurtre du garçonnet, âgé de 4 ans, retrouvé pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, dans les Vosges, le 16 octobre 1984.