Mercredi, 14 Novembre, 2018

Climat : les grands patrons et les élus locaux défient Trump

L'ex-maire de New York Michael Bloomberg le 18 mai 2017 à San Francisco- Kelly Sullivan- GETTY IMAGES NORTH AMERICA  AFP L'ex-maire de New York Michael Bloomberg le 18 mai 2017 à San Francisco Kelly Sullivan
Manon Joubert | 04 Juin, 2017, 10:46

"Les Etats-Unis rempliront les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris" et les "entreprises et les citoyens qui s'emploieront à rester dans le mécanisme" de cet accord "satisferont aux objectifs fixés", a-t-il ainsi assuré. Mais ils ont avec eux de puissantes entreprises, comme Coca-Cola et le conglomérat industriel General Electric, des géants pétroliers comme Chevron ou ExxonMobil, ou de grandes groupes financiers et informatiques.

Le milliardaire, 10e fortune mondiale selon Forbes et émissaire de l'ONU pour les villes et le changement climatique, a annoncé que sa fondation, Bloomberg Philanthropies, allait fournir au bureau de l'ONU chargé du climat les 15 millions de dollars qui équivalent à la contribution que devaient apporter les Etats-Unis.

Le président russe Vladimir Poutine est l'un des rares à avoir refusé de condamner Donald Trump pour sa décision, appelant à un "travail en commun" avec le président américain pour arriver à un accord. Outre-Atlantique, a fait valoir Michael Bloomberg, " les niveaux d'émission (de gaz à effet de serre) sont déterminés dans une beaucoup plus grande mesure par les citoyens et les villes que par le gouvernement fédéral ". L'ancien maire de New York, investi sur la question du réchauffement climatique, s'est entretenu avec les deux responsables français au lendemain de la décision des Etats-Unis de se retirer de l'accord de Paris.

"Les Américains n'abandonnent pas l'accord de Paris". "Les Américains honoreront l'accord de Paris en partant de la base, et Washington ne pourra rien faire pour nous en empêcher". "Au contraire, nous allons de l'avant", a déclaré le milliardaire de 75 ans vendredi à Paris. Et la nouvelle bataille qui s'annonce pour l'administration Trump, après le combat qui a mobilisé de nombreux élus et la société civile contre le décret migratoire visant des pays à majorité musulmane, bloqué par la justice.

Les trois gouverneurs devraient être ceux des puissants États de New York, de la Californie et de Washington. Les trois démocrates, Andrew Cuomo, Jerry Brown et Jay Inslee, qui représentent un cinquième de la population et du PIB américains, avaient annoncé dès jeudi "une alliance" pour tenir les engagements américains face au réchauffement.

D'autres Etats pourraient encore rejoindre cette initiative, d'autant qu'une trentaine, y compris des Etats dirigés par des républicains, ont adopté des normes pour forcer les compagnies d'électricité à augmenter la part d'énergies renouvelables dans la prochaine décennie.

Quant aux maires déjà partants pour rejoindre l'initiative Bloomberg, leurs rangs pourraient grossir eux aussi. Quelque 87 maires, représentant plus de 40 millions d'Américains, ont promis vendredi d'"intensifier leurs efforts" pour honorer l'accord de Paris. Et des villes secondaires comme Pittsburgh, en Pennsylvanie, dont le maire est monté au créneau dès jeudi après que Donald Trump eut cité sa ville pour justifier le retrait.

Sur Twitter, Anne Hidalgo a remercié Michael Bloomberg pour sa venue et son engagement, lui affirmant qu'il est "le meilleur espoir pour la mise en oeuvre de l'accord de Paris aux États-Unis".