Samedi, 21 Octobre, 2017

Ce que l'on sait après les derniers rebondissements — Affaire Grégory

Le Parisien en octobre 2009 Le Parisien en octobre 2009
Jean-Pascal Bellegarde | 22 Juin, 2017, 06:15

Coup de théâtre, 32 ans après la mort du petit Grégory: sa grand-tante, Jacqueline Jacob, a été mise en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, vendredi à Dijon, dans cette affaire, une des plus énigmatiques de l'histoire criminelle. Ginette Villemin est apparue très émue. "Je les connais, je sais comment ils sont... et en plus, je ne sais même pas s'ils connaissaient Grégory ", ajoute-t-elle, affirmant que lors des réunions familiales, Jean-Marie Villemin amenait rarement son fils".

Les "antagonismes", comme le dit Jean-Jacques Bosc, minaient la famille Villemin, parasitée par l'envie et les jalousies, dans un milieu ouvrier de l'Est de la France. AFP Reproduction d'une des lettres de menaces adressées aux parents de Grégory Villemin. "À l'évidence, Grégory a été enlevé du domicile de ses parents et retenu un certain temps jusqu'à sa mort", selon le magistrat.

Vendredi, la grand-tante de Grégory, Jacqueline Jacob, 72 ans, a été mise en examen et écrouée pour "enlèvement" et "séquestration suivie de mort" en début d'après-midi.

Pour rappel, le cadavre du petit Grégory Villemin avait été retrouvé au soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne, dans les Vosges (nord-est).

L'avocat de M. Jacob a jugé "criminel de jeter en pâture le nom d'un couple", alors que la justice "n'a aucun élément matériel, rien" à leur encontre.

En tout cas, l'enquête vient de faire en quelques heures les pas de géant qu'elle n'avait jamais fait en trente-deux ans.

Selon les nouveaux éléments de l'enquête, le couple Jacob s'adonnait à l'échangisme, une pratique qui, une fois ébruitée, a d'autant accentué le climat délétère au sein de la famille Villemin. "Je ne comprends pas", a déclaré Me Giuranna à l'AFP.

Le couple a nié toute implication et ne présente pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé, a affirmé devant la presse le procureur de la République Jean-Jacques Bosc. Il doit tenir une nouvelle conférence de presse à 16H00 ce vendredi. Une belle-soeur du père de Grégory, Ginette Villemin, avait aussi été placée en garde à vue mercredi avant d'être remise en liberté le lendemain. Les grands-parents paternels de l'enfant ont été entendus comme témoins.

De source proche du dossier, la femme est restée mutique durant sa garde à vue et son mari s'est contenté d'affirmer qu'il ne se rappelait rien.

Marcel Jacob et Michel Villemin étaient très liés à Bernard Laroche, premier suspect dans l'affaire, libéré puis tué en 1985 par Jean-Marie Villemin, son cousin.

C'est donc bien le "clan Laroche" qui se retrouve de nouveau au centre de l'enquête, relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes.

Si les expertises n'ont pas permis d'en identifier l'auteur, "on peut cependant observer une similitude importante des termes" utilisés dans ce document avec la lettre de 1983, a relevé le procureur général. L'incertitude planait à l'époque sur son emploi du temps au moment du meurtre, mais il n'avait jamais été inquiété par la justice jusque-là.

Aumontzey est une nouvelle fois divisé par l'affaire Grégory.