Vendredi, 15 Décembre, 2017

Affaire Grégory: le couple Jacob nie mais n'a pas d'alibi "confirmé"

Le procureur général de Dijon Jean Jacques Bosc le 15 juin 2017 Le procureur général de Dijon Jean Jacques Bosc le 15 juin 2017
Jean-Pascal Bellegarde | 18 Juin, 2017, 01:14

Le parquet avait requis sa mise en examen pour "séquestration suivie de mort". Lors de sa conférence de presse, cette semaine, le procureur général de Dijon, est revenu sur ces relations extrêment difficiles au sein de la famille et a notamment confié que Marcel Jacob était animé par "un antagonisme parfois violent avec les parents de Grégory".

Depuis, les suspects se sont enchaînés, et l'affaire connaît de multiples rebondissements jusqu'à mercredi dernier et la garde à vue de trois membres de la famille.

"Les deux mis en examen ont nié en l'état tout participation aux faits qui leur sont reprochés", a-t-il ajouté, précisant que les deux époux avaient été placés en incarcération provisoire dans deux établissements séparés "dans le souci d'empêcher une concertation frauduleuse et toute forme de pression entre les divers protagonistes". "Ces gens sont des gens bien, impliqués dans la commune". Jacqueline (72 ans) et Marcel Jacob (71 ans), respectivement grande-tante et grand-oncle du petit Grégory, ont été mis en examen ce 16 juin pour enlèvement et séquestration suivie de mort.

Plus de trente ans après, de nouvelles inculpations dans l'affaire du petit Grégory.

"D'autres auditions vont avoir lieu", a annoncé le procureur général de Dijon. "Il n'y a aucun élément scientifique". Une belle-soeur du père de l'enfant, Ginette Villemin, avait été placée en garde à vue mercredi avant d'être remise en liberté le lendemain, et les grands-parents paternels de l'enfant ont été entendus comme témoins à leur domicile dans les Vosges (est de la France). Certains, comme le maire, Philippe Petitgenet (sans étiquette) doutent. "Ces mises en examen sur des bouts de papier, ça m'agace", dit-il. Son grand-oncle et sa grand-tante sont sous les verrous pour enlèvement suivi de mort, mais la justice ne désigne pas pour autant l'assassin de l'enfant.

C'est donc le "clan Laroche" qui se retrouve de nouveau au centre de l'enquête, relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes.

De nouvelles expertises d'une lettre de menaces, manuscrite et anonyme, adressée en 1983 au père de Grégory, orientent les soupçons sur Jacqueline Jacob.

Les enquêteurs s'étaient aussi penchés à de nombreuses reprises, dans le passé, sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant, en invoquant une "vengeance" dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps, en 1984. La justice constate "une similitude importante des termes " utilisés dans ce document et dans la lettre de 1983.

Au cours de plus de 32 années de procédure, deux personnes - en dehors des mises en examen d'aujourd'hui - auront été successivement accusées du meurtre du petit Grégory: Bernard Laroche - le cousin du père de Grégory, Jean-Marie Villemin -, et Christine Villemin, la mère de Grégory.