Vendredi, 15 Décembre, 2017

Affaire Ferrand: une "hallali" et un "amalgame" pour Castaner

AFP  Archives- STEPHANE DE SAKUTIN AFP Archives- STEPHANE DE SAKUTIN
Jean-Pascal Bellegarde | 14 Juin, 2017, 04:41

Et c'est bien cette absence d'actes de caractères délictueux que le Premier ministre a mis en avant pour expliquer lors de son intervention au journal de 20 heures, mardi 30 mai, que son ministre de la Cohésion des territoires pouvait bien rester en poste, Et cela "après avoir parfaitement compris, avoir parfaitement conscience de l'exaspération des Français, de leur émotion, de leur agacement" a déclaré Edouard Philippe.

" Les révélations du Canard enchaîné jettent une forte suspicion sur la SCI SACA abritant cette structure mutualiste, notamment sur les conditions d'occupation, de fixation des loyers, de montant de travaux au profit de la SCI SACA", avait-il affirmé dans son courrier à l'ACPR.

Et le ministre de marteler " qu'il n'existe aucune manoeuvre frauduleuse ou quelconque illégalité.

Georges Fenech, député LR et ex-magistrat, avait demandé vendredi à l'ACPR de se saisir du cas de Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, évoquant " des faits supposés d'enrichissement personnels " quand il était directeur général des Mutuelles de Bretagne.

Selon cet hebdomadaire et Le Monde, Françoise Coustal a pu pour sa part bénéficier de contrats d'aménagement de locaux des Mutuelles de Bretagne après le divorce du couple en 1994.

"Empêtré dans une affaire immobilière, Richard Ferrand continue de défendre son honnêteté après avoir reçu le soutien du Premier ministre mardi soir".

Les faits visés concernent au premier chef la décision prise en 2001 par les Mutuelles, alors dirigées par Richard Ferrand, de choisir l'offre portée par Sandrine Doucen, sa compagne, pour louer des bâtiments à Rennes.

Selon un sondage publié mercredi, plus des deux tiers des Français estiment que l'ancien député socialiste devrait démissionner. C'est sur ce conflit d'intérêts que porte le gros de l'affaire, et non pas sur l'emploi de son fils comme assistant parlementaire.

La deuxième règle que j'ai demandée, c'est d'être exemplaire dans leur attitude de ministre et lorsqu'y compris dans leur vie privée, ils s'expriment ou se comportent de façon privée. "Il a exclu de démissionner, car il a sa " conscience pour lui " et n'est " pas mis en cause par la justice ". Les révélations sur l'ex-secrétaire général d'En marche! tombent pourtant mal pour le nouveau chef de l'Etat, Emmanuel Macron, qui a décidé de faire de sa loi de moralisation de la vie publique l'un des premiers actes forts de son quinquennat. L'exécutif peut également craindre un effet d'accumulation dévastateur. Elles réaffirment en outre leur "reconnaissance à M. Richard Ferrand pour le travail de redressement et de développement qu'il a accompli de 1993 à juin 2012".

"Ça sent la carabistouille cette affaire", grince de son côté le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, estimant qu'elle est "une excellente vitrine du macronisme réel", pris "la main dans le pot".