Mercredi, 19 Septembre, 2018

Venezuela: l'opposition rejette l'assemblée constituante de Maduro

Il n'a pas précisé quelles étaient selon lui ces conditions mais son secrétaire d'Etat Pietro Parolin ancien nonce apostolique au Venezuela Il n'a pas précisé quelles étaient selon lui ces conditions mais son secrétaire d'Etat Pietro Parolin ancien nonce apostolique au Venezuela
Manon Joubert | 04 Mai, 2017, 01:07

"Je convoque le pouvoir constituant pour parvenir à la paix dont la République a besoin, vaincre le coup fasciste et laisser le peuple souverain imposer la paix, l'harmonie et un vrai dialogue national", a déclaré Nicolas Maduro devant ses partisans vêtus de chemises rouges.

En face, Nicolas Maduro sera à la tête d'un rassemblement de ses partisans sur la place Bolivar, au centre de Caracas, considérée comme un bastion du pouvoir.

A la veille du 1er mai, Nicolas Maduro a annoncé dimanche une nouvelle hausse du salaire minimum de 60%: il s'élèvera désormais à un peu plus de 65'000 bolivars, soit 90 dollars au taux de change officiel le plus élevé, ou 15 dollars au marché noir. Il a précisé qu'il s'agirait d'une assemblée constituante "populaire, citoyenne, ouvrière" et qu'une partie de ses membres seraient élus par divers secteurs de la société, et que par exemple les minorités sexuelles ou les handicapés auraient leurs représentants.

L'opposition a officialisé dans une lettre au pape son refus de reprendre un dialogue avec M. Maduro sans " garanties " sur les modalités de ce dialogue.

L'actuelle Constitution, en vigueur depuis 1999, établit qu'une Assemblée nationale constituante est convoquée pour "transformer l'État, créer un nouvel ordre juridique et rédiger une nouvelle Constitution".

Tandis que l'opposition préparait une grande manifestation pour mercredi, le Parlement, seule institution qu'elle contrôle, discutait mardi des conséquences de la décision de Nicolas Maduro et des réponses à y apporter.

La nouvelle Constitution remplacerait celle de 1999, adoptée à l'initiative de Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013 et mentor de M. Maduro.

"Le dictateur Maduro et son élite corrompue par les narcotrafiquants veulent tuer la constitution", a déclaré un des chefs de file de l'opposition, Henrique Capriles, appelant les Vénézuéliens à résister à la mesure. "Ce qu'a convoqué Maduro n'est pas une constituante mais une 'prostituante' ", a lancé un autre responsable de l'opposition, le parlementaire Henry Ramos Allup.

Depuis le 1er avril, date du début des protestations, presque toutes les marches ont dégénéré en heurts, pillages et échanges de gaz lacrymogènes et de cocktails Molotov entre manifestants et forces de l'ordre.

Pour l'opposition, c'est surtout une manière pour le clan présidentiel de "consolider le coup d'État" initié selon elle fin mars quand la Cour suprême s'est arrogé brièvement les pouvoirs du Parlement, avant de renoncer face au tollé diplomatique.

" C'est une escroquerie pour tromper le peuple avec un mécanisme qui n'est rien d'autre qu'une volonté d'aggraver le coup d'Etat et de chercher avec la Constitution à détruire la Constitution elle-même, la démocratie et le vote", a déclaré M. Borges au cours d'une conférence de presse. M. Maduro pourrait par la suite utiliser le prétexte de la rédaction d'une nouvelle Constitution pour repousser les élections régionales prévues cette année et une élection présidentielle qui doit se tenir en 2018, a affirmé l'analyste politique Luis Vicente Leon.

Lundi, des manifestants ont fait irruption sur une base aérienne militaire de l'est de Caracas, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Au total, 28 personnes sont mortes au cours de ces violences entourant ces rassemblements, selon le Parquet, et des centaines ont été blessées.

De leur côté, 8 pays latino-américains, dont le Brésil et l'Argentine, ont apporté dimanche dans une déclaration commune leur soutien à la proposition du pape, sous plusieurs conditions dont l'arrêt des violences et l'établissement d'un calendrier électoral.