Mardi, 23 Mai, 2017

USA: Un crématorium construit dans une prison près de Damas

Image d'illustration. Vue du village de Saidnaya au nord de Damas. C'est dans ses environs qu'est situé le complexe pénitentiaire Le régime syrien utilise un "crématorium" pour cacher des "meurtres de masse" (Etats-Unis)
Manon Joubert | 16 Mai, 2017, 18:35

Le département d'Etat américain soupçonne le pouvoir de Bachar el-Assad de recourir à un "crématorium" dans le complexe pénitentiaire de Saydnaya, au nord de Damas.

Le régime a rejeté les nouvelles accusations américaines, qualifiées de "totalement infondées".

Les Etats-Unis ont accusé lundi la Syrie d'avoir brûlé dans un "crématorium" une partie des milliers de prisonniers assassinés ces dernières années.

"Bien que les nombreuses atrocités du régime sont bien documentées, nous pensons que la construction d'un crématorium est une tentative de cacher l'entendue des meurtres de masse perpétrés à Saydnaya", a condamné le diplomate américain.

Sur ces clichés qui datent d'avril 2017, d'avril 2016, de janvier 2015 et d'août 2013, on voit des bâtiments, dont l'un est légendé "prison principale" et l'autre "probable crématorium". Sur l'une des photos, une légende "neige fondue sur une partie du toit" attesterait, selon les États-Unis, de l'existence d'un "crématorium installé par le régime syrien".

"Cette accusation est d'une extrême gravité", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, soulignant que le régime syrien avait "un lourd passif de terreur derrière lui".

"Ces allégations sont totalement infondées, elles ne sont que le produit de l'imagination de cette administration et de ses agents", indique ce communiqué repris par l'agence de presse officielle Sana.

En février, un rapport de l'ONG Amnesty international dénonçait également des assassinats qui ont eu lieu dans la prison de Saydnaya. L'organisation avait dénoncé une "politique d'extermination" constituant des "crimes de guerre et crimes contre l'humanité". "En une seule nuit, jusqu'à 50 personnes peuvent être pendues ", avait écrit Amnesty International, qui qualifie le lieu de "de véritable abattoir humain ". Les personnes exécutées étaient en majorité des civils opposés au régime de Bachar Al Assad. Il n'a toutefois pas pu dire si le "crématorium" était toujours en service.

Mais, de manière générale, il a rappelé que "les Etats-Unis avaient exprimé maintes fois leur consternation devant les atrocités commises par le régime syrien". "Ce qui se passe dans les prisons du régime est bien plus atroce ", a-t-il lâché. La Russie reste l'un des alliés militaires majeurs de la Syrie.

Après avoir vu mercredi le président Donald Trump, M. Lavrov s'était félicité d'une "compréhension mutuelle" et d'une volonté de "coopérer" entre deux puissances aux relations exécrables depuis 2012, notamment en raison du conflit syrien.