Mardi, 23 Mai, 2017

Les Sud-Coréens aux urnes pour oublier le scandale Park

Moon Jae In salue ses partisans après l'annonce de sa victoire à séoul le 9 mai 2017 Moon Jae In salue ses partisans après l'annonce de sa victoire à séoul le 9 mai 2017
Napoleon Lievremont | 12 Mai, 2017, 10:32

Les bureaux de vote ont ouvert mardi à 6 h, heure locale (17 h, lundi, heure de Montréal) et doivent fermer à 20 h (7 h, mardi, à Montréal).

Après une brève campagne dominée par la problématique de l'emploi et des inégalités, plus que par le dossier nord-coréen, les électeurs sont appelés à se rendre jusqu'à 20h00 (13h00 en Suisse) dans plus de 139'000 bureaux de vote. Une participation record est attendue pour ce scrutin car de nombreux électeurs comptent en profiter pour dire leur colère, non seulement vis-à-vis de la corruption d'une partie des élites, mais aussi de la vie chère et de l'augmentation du chômage. Un vétéran de la lutte pour les droits de l'Homme, favorable à une forme de réconciliation avec la Corée du Nord, est le grand favori du scrutin.

M. Moon a remporté 41,1% des suffrages, soit 13,4 millions de voix, loin devant le conservateur Hong Joon-Pyo, issu du parti de la présidente déchue (24,03%) et du centriste Ahn Cheol-Soo (21,4%).

M. Moon fustige l'inanité d'une politique menée depuis dix ans par les conservateurs Lee Myung-bak (2008-2013) et Park Geun-hye (2013-2017), incapable d'empêcher le développement nucléaire du Nord et à l'origine de la disparition progressive de tous les canaux de communication avec Pyongyang.

Les tensions ont rarement été aussi élevées sur la péninsule, le nouveau président américain Donald Trump menaçant de régler la question par la force militaire.

Mais pour la plupart des Sud-Coréens, habitués à vivre avec la menace nord-coréenne, la question des programmes balistique et nucléaire de Pyongyang n'a pas été déterminante dans leur vote, contrairement à la corruption, au ralentissement de la croissance et au chômage. Sa destitution par l'Assemblée nationale a été confirmée par la Cour constitutionnelle et elle attend désormais derrière les barreaux d'être jugée pour corruption et abus de pouvoir. Dans le cadre des discussions à six, la déclaration du 19 septembre 2005 mentionnait le démantèlement du nucléaire nord-coréen et la normalisation des relations entre Pyongyang et Washington. Cependant le chef de la Maison Blanche a changé de ton la semaine dernière, déclarant qu'il serait "honoré" de rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

L'affaire a contribué au ressentiment général en illustrant à nouveau les relations malsaines entre la classe politique et le patronat. Et beaucoup de dirigeants sud-coréens, une fois élus, ont dû renoncer à mettre en oeuvre de similaires promesses de campagne.

Le déploiement d'un bouclier antimissile américain au Sud pour contrer la menace nord-coréenne a provoqué la fureur du voisin chinois.

Le prochain leader du pays "devra faire face à une myriade de défis à long et court terme", avait averti le quotidien JoonAng la veille du scrutin, dans un éditorial: "Et si nous prenons la mauvaise décision, nous allons à nouveau devoir en payer le prix, comme nous l'avons appris de nos précédents mauvais choix".