Mercredi, 19 Septembre, 2018

Le Hamas accepte l'Etat palestinien dans sa définition de 1967

Le Hamas dit accepter un Etat palestinien limité aux frontières de 1967 Nouvelle approche du Hamas face à Israël
Manon Joubert | 04 Mai, 2017, 00:54

En deuxième lieu, le Hamas ambitionne de renforcer son emprise sur la bande de Gaza et entend contester à Mahmoud Abbas le monopole de la représentation politique du mouvement national palestinien.

Alors que Mahmoud Abbas s'apprêtait à partir pour Washington où il devait rencontrer, le 3 mai, Donald Trump, le Hamas a annoncé, lundi, avoir modifié son programme, acceptant un État palestinien limité aux frontières de 1967, et insistant sur le caractère politique et non religieux du conflit avec Israël.

"Le Hamas est un mouvement qui se renouvelle", a justifié Khaled Mechaal.

Le mouvement islamique Hamas a donné lundi à Israël un ultimatum de 24 heures pour répondre aux demandes des centaines de prisonniers palestiniens qui sont engagés depuis 16 jours dans une grève de la faim dans les prisons israéliennes.

En amendant pour la première fois en près de 30 ans ses textes fondateurs, le Hamas tente de revenir dans le jeu des négociations internationales, estiment les experts.

"Hamas prône la libération de toute la Palestine, mais il est prêt à appuyer l'idée d'un Etat basée sur les frontières de 1967 sans reconnaître Israël ou céder à ses droits", a-t-il précisé.

Exprimant l'attachement du mouvement à "la gestion des relations inter-palestiniennes sur la base du pluralisme, du choix démocratique et du partenariat national ainsi qu'à l'acceptation de l'autre et de l'adoption du dialogue, Mechaal a indiqué que "le problème sioniste, l'antisémitisme et l'oppression des Juifs sont des phénomènes qui étaient liés essentiellement à l'histoire de l'Europe et non pas à l'histoire des Arabes ou des Musulmans ". Elle continue d'ailleurs de prôner "la libération totale" de la Palestine "de la rivière à la mer" (du Jourdain à la Méditerranée).

Avant, le mouvement était "une branche des Frères musulmans", la confrérie égyptienne qui a essaimé à travers le monde mais a subi un violent coup d'arrêt avec la destitution du président Mohamed Morsi par l'armée égyptienne en 2013.

Sous l'impulsion de l'émirat du Qatar, le Hamas a révisé sa charte fondatrice.

Il reste considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis, l'Union européenne ou l'Egypte malgré sa victoire aux dernières législatives palestiniennes en 2006 et le fait qu'il gouverne sans partage les deux cinquièmes des Palestiniens dans les Territoires. Des membres du Hamas en ont déjà fait autant individuellement, mais c'est une première sous cette forme.

"Ils creusent des tunnels pour mener des actes terroristes et tirent des milliers et des milliers de missiles sur des civils israéliens", a accusé David Keyes, un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué. Et pour obtenir la fin du blocus de la bande de Gaza par l'Égypte, frontalière, ce qui remédierait en partie aux pénuries qui affectent le quotidien des Gazaouis.

L'annonce ressemble en effet à "une grande opération de communication", analyse la chercheuse Leila Seurat, auteure de l'ouvrage le Hamas et le Monde (CNRS éditions, 2015): "Il n'y a rien de fondamentalement nouveau dans cette position". Ces révisions seront suivies, de toute évidence, de réunions entre les cadres du Hamas et des représentants israéliens.