Mercredi, 19 Septembre, 2018

La coalition ne pourra pas opérer dans les "zones de désescalade"

Les rebelles syriens suspendent leur participation aux pourparlers Les négociations sur l'avenir de la Syrie stoppées à Astana pour cause de bombardements
Manon Joubert | 10 Mai, 2017, 00:58

La localité en question est englobée dans l'une des quatre "zones de désescalade" définies par le plan conclu la veille entre les trois nations garantes: la Russie, l'Iran et la Turquie.

Avant que les rebelles ne suspendent leur participation aux discussions dans la capitale du Kazakhstan, les représentants russes avaient présenté aux rebelles une proposition de quatre zones tampons en Syrie entre les parties au conflit.

L'accord d'Astana sur la création de zones de " désescalade " en Syrie a permis de réduire les violences dans la nuit, même si les combats se poursuivent dans la région de Hama, ont expliqué un chef rebelle et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Ces pays se sont engagés à définir avant le 4 juin prochain les contours de ces zones, qui sont instaurées avec une validité initiales de six mois avec possibilité de prolongation.

L'accord d'Astana a été rejeté par la rébellion, qui accuse la Russie, alliée de Damas, de ne pas avoir la volonté ou la capacité de contraindre le régime du président syrien Bachar el-Assad et les milices chiites soutenues par l'Iran à respecter les trêves.

Les zones sécurisées seront créées dans la province d'Idleb, dans des zones délimitées au sein des provinces d'Alep, de Lattaquié, d'Homs, de Hama, de Damas et également dans des zones délimitées des régions de Kuneitra et de Deraa. Aucun avion, y compris ceux de la coalition internationale, n'est autorisé à survoler ces zones.

"Au cours des deux derniers jours, les participants aux pourparlers d'Astana ont examiné la mise en oeuvre d'un accord de cessez-le-feu et l'arrêt des opérations militaires", a précisé M. Abdrakhmanov.

Plusieurs accords de trêve ou de cessez-le-feu ont été mis en place en six ans de guerre en Syrie mais ont échoué.

Difficile de savoir précisément ce que recouvre ce nouveau terme pour qualifier des zones sécurisées ou "safe zones" proposées par Poutine à Trump lors du premier entretien téléphonique entre les deux présidents mardi.

D'après le géographe français Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie, ces zones représentent plus de 20% des territoires non désertiques du pays (24.000 sur 95.000 km2) et 2,4 millions d'habitants.

L'opposition syrienne a fait part vendredi "de ses préoccupations au sujet de l?ambiguïté" de cet accord qui selon elle "n'offre pas toutes les garanties nécessaires et manque de mécanismes de vérification".

En plus des "zones de désescalade", sont également prévues des "zones de sécurité", avec des postes de contrôle et des centres de surveillance, qui seront tenus conjointement par "les forces des pays garants".

Dans le même temps, les garants devront séparer les groupes armés de l'opposition des " groupes terroristes " qui sont, selon le document, le groupe EI, " le Front al-Nosra " (ancien nom désignant l'actuel Front Fateh al-Cham) et tous les groupes, entités et individus qui leur sont affiliés.

Mais si les jihadistes de l'EI n'ont aucune relation avec les rebelles, qu'ils combattent âprement, ceux du Front Fateh al-Cham ont formé des alliances avec des groupes rebelles dans plusieurs régions.