Samedi, 22 Juillet, 2017

Législatives : la droite adoucit légèrement le projet de François Fillon

Christian Estrosi Christian Estrosi
Jean-Pascal Bellegarde | 10 Mai, 2017, 00:55

Plusieurs ténors LR sont régulièrement cité comme pouvant rejoindre la majorité ou le gouvernement du nouveau président.

Après avoir été discuté et amendé par les différents courants, le projet législatif a été adopté à l'unanimité et sera présenté mercredi au siège du parti, a fait savoir un participant. "Il faudra faire en sorte que la France réussisse les réformes dont elle a besoin", même au cas où la droite n'obtient pas de majorité absolue, avait-il plaidé.

Pour séduire des électeurs tentés par un vote pro-Macron ou pro-FN, LR a décidé d'amender son projet dans un sens plus favorable au pouvoir d'achat des classes moyennes et précaires que ce que proposait le candidat François Fillon: baisse d'impôt sur le revenu de 10%, pas de hausse de la TVA, retour à la défiscalisation des heures supplémentaires, baisse étalée du nombre des fonctionnaires (sur sept ans au lieu de cinq).

"Tout membre de LR qui rejoindrait un autre mouvement ou parti se placerait de lui-même en dehors de notre famille politique", a encore mis en garde François Baroin, chef de file des Républicains pour les échéances de juin. "Il mènera, comme ce fut le cas avec François Hollande, à l'échec, au chômage de masse et au déclassement", affirme le préambule de ce projet nouvelle version. L'occasion, pour le président de l'Association des maires de France (AMF), de justifier ce choix par la bosse démographique "avantageuse" impliquée par l'accélération du nombre de départs à la retraite des fonctionnaires de la génération du "baby-boom".

Pourtant, au lendemain de l'échec de François Fillon, on persistait à claironner chez LR que le candidat avait été emporté par les affaires et son propre entêtement, mais que le projet qu'il portait était majoritaire dans le pays. "Est-ce qu'on va afficher une espèce d'arrogance?", a lancé M. Estrosi.

Quant au Front national, son "projet politique démagogique nous conduira dans l'impasse et à la ruine économique". "Il y a des trajectoires personnelles, mais ça aurait pu être bien pire, l'unité du parti, elle est là", renchérit Eric Woerth, dans une allusion aux offres de service de Bruno Le Maire ou des rumeurs sur l'entrée de "juppéistes", notamment Édouard Philippe, dans le futur gouvernement. "Macron veut nous voir disparaître, ce qui est potentiellement grave, car s'il échouait, il ne resterait plus comme alternative que les extrêmes", a réagi Patrick Devedjian.