Mardi, 23 Mai, 2017

Donald Trump intime le silence à l'ex-directeur du FBI

FBI : le directeur James Comey limogé par Trump, une décision « nixonienne » pour les démocrates Limogeage suspect, enquête et liens avec la Russie : Tout sur le renvoi du directeur du FBI par Trump
Napoleon Lievremont | 18 Mai, 2017, 01:20

Alors que le New York Times affirmait que Trump avait exigé de Comey lors d'un dîner en tête à tête à la Maison blanche qu'il lui promette sa loyauté, le président américain a lancé une menace à peine voilée, mettant en garde l'ex-directeur du FBI contre la tentation de s'exprimer dans la presse ou de faire des révélations après son limogeage qui a surpris toute la classe politique américaine cette semaine.

"J'ai dit 'Si c'est possible, pouvez-vous me dire s'il y a une enquête sur moi?' Il a dit qu'il n'y avait pas d'enquête sur moi", a expliqué M. Trump à la chaîne de télévision américaine, en référence à l'enquête en cours au FBI sur de possibles liens entre son entourage et des responsables russes durant la campagne électorale de 2016. Les démocrates, suivis par une partie de la presse, accusent rapidement la Maison Blanche de vouloir affaiblir l'enquête du FBI sur la Russie, voire la détourner totalement du gouvernement actuel. Et.

Mais le président américain les a contredits jeudi sur NBC: "En fait, quand je me suis décidé, je me suis dit: +Ce truc avec la Russie, Trump et la Russie, c'est une histoire inventée+", laissant entendre que c'est bien l'enquête sur la Russie qu'il avait à l'esprit en prenant sa décision.

L'enquête du FBI ainsi que les investigations menées en parallèle par des commissions parlementaires pèsent sur le début de la présidence de Donald Trump.

La déclaration demeure cependant vague, laissant planer un doute sur l'existence de tels enregistrements, que ni la Maison blanche ni, par la suite, le président n'ont totalement éclairci. "Le tweet parle de lui-même", a-t-il encore dit. Le vice-président Mike Pence et les porte-paroles de la Maison Blanche ont assuré in fine que ce renvoi n'avait rien à voir avec l'enquête en cours sur des contacts avec la Russie.

Le président républicain introduit de la confusion entre les différents volets de l'enquête.

Et pourtant les démocrates et certains républicains continuent à réclamer une enquête indépendante sur cette affaire. Pour rappel, Clinton avait été accusée d'avoir utilisé une messagerie privée non cryptée pour communiquer des informations classées avec ses collaborateurs, dont son ex-directeur de campagne, John Podesta.

Son numéro deux Rod Rosenstein joue donc un rôle central avec un renforcement de sa capacité de supervision de l'enquête menée par le FBI. Il a été invité à s'expliquer au Sénat mardi mais, s'il accepte, la rencontre aura lieu à huis clos.

Les chefs du renseignement américain, dont M. Comey, ont fait part à Donald Trump juste après sa victoire de novembre de leur conviction que la Russie avait bien tenté d'interférer dans la campagne présidentielle pour favoriser sa candidature au détriment de celle de Mme Clinton. Les versions ont en effet fluctué au fil des jours, différant même en fonction des interlocuteurs.

" En tant que président très actif avec énormément de choses en cours, il n'est pas toujours possible à mes équipes de se tenir sur un podium en ayant une parfaite exactitude ", a-t-il relevé".

Et il a menacé sur Twitter "d'annuler tous les +points de presse+ à l'avenir et de remettre des réponses par écrit pour davantage d'exactitude".