Jeudi, 17 Août, 2017

Donald Trump destitué? Les bookmakers y croient plus que jamais

Manon Joubert | 13 Mai, 2017, 21:47

Le limogeage de James Comey, patron de la CIA, suscite une vague de réactions aux Etats-Unis et remet sur la table la guerre sans merci entre Donald Trump et les services de renseignement.

C'est un acte sans précédent, et comme d'habitude, le président américain nous surprend par sa grande classe: le concerné l'a appris aux infos, en même temps que tout le monde, alors qu'il prononçait un discours devant des agents à Los Angeles. L'administration Trump dément pour sa part les accusations de collusion avec Moscou.

Au pouvoir, Trump multiplie les gestes "anormaux", mais certains de ces gestes ne portent pas tant à conséquences, comme ses nombreuses déclarations intempestives ou contradictoires, qu'on s'accoutume à ne pas trop prendre au sérieux.

Il en va autrement avec le congédiement de James Comey. Ce geste est à la fois anormal, important et inquiétant.

En mars, le premier flic des États-Unis avait confirmé au Congrès l'existence de l'enquête sur une éventuelle "coordination" entre proches de Donald Trump et Moscou.

Ainsi, Trump a déjà essuyé des revers face aux résistances des tribunaux et du Congrès.

Parmi les contrôles et contrepoids établis par la Constitution et les traditions politiques américaines, le FBI occupe une place particulière.

Tout cela va à l'encontre de la méthode Trump, qui dicte de virer quiconque se trouve en travers de son chemin. Par exemple, un procureur fédéral de New York a été congédié alors qu'il menait des enquêtes sur l'organisation Trump. Plus récemment, la sous-secrétaire à la Justice Sally Yates s'est fait montrer la porte en rapport avec l'affaire Flynn. Ce prétexte a fait sursauter une moitié de Washington et s'esclaffer l'autre moitié.

"Elle s'est efforcée de rester dans l'épure tracée par le mémo mis en avant pour justifier la mesure radicale en dépeignant un directeur du FBI devenu incontrôlable, maniant la " dynamite ", multipliant " les faux pas " et " les atrocités " non pas dans l'enquête sur la Russie mais dans celle instruite auparavant sur l'usage discrétionnaire par la rivale de M. Trump, Hillary Clinton, d'un serveur privé pendant ses années passés à la tête de la diplomatie américaine de 2009 à 2013.

Le congédiement complique la poursuite de ces enquêtes, mais il contribue surtout à alourdir les soupçons qui pèsent sur Trump et son entourage.

Dans sa lettre à James Comey diffusée par la Maison blanche, Donald Trump écrit: "Il est essentiel que nous trouvions une nouvelle direction pour le FBI qui rétablisse la confiance de l'opinion publique dans sa mission d'application de la loi".