Mardi, 23 Mai, 2017

Des sites de production à l'arrêt après la cyberattaque — Renault

Depuis 10 ans, une montée en puissance des cyberattaques Une cyberattaque « sans précédent » à travers le monde
Manon Joubert | 15 Mai, 2017, 00:57

En France, le premier constructeur à avoir annoncé être touché par ces piratages est Renault.

La cyberattaque mondiale, qui a touché vendredi soir plusieurs dizaines de pays dans le monde, n'a pour l'instant pas fait d'autre victime en France que Renault, a indiqué samedi l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'informations (Anssi).

" Nous avons été touchés ", a indiqué un porte-parole du groupe à l'AFP, en précisant que le constructeur était en train d'analyser la situation".

L'arrêt de la production "fait partie des mesures de protection qui ont été prises pour éviter la propagation du virus", a déclaré la direction de la marque automobile.

Selon des sources concordantes, l'usine de Sandouville (Seine-Maritime), qui emploie 3.400 salariés et produit des utilitaires, essentiellement des Renault Trafic, est notamment concernée.

"La production de nuit a été touchée mais heureusement ce week-end il n'y avait pas de production complète prévue, seulement une production marginale", a expliqué à l'AFP le responsable communication de l'usine.

"Toutes les équipes techniques sont sur place pour faire un diagnostic, procéder à une analyse technologique et engager une action pour reprendre la production au plus vite", a ajouté un responsable de Renault, évoquant une reprise de la production "dès lundi matin". "On fait le nécessaire pour contrer cette attaque", a-t-on précisé de même source. Elle reste suspendue samedi.

Renault est la première entreprise française à reconnaître avoir été affectée par cette cyberattaque massive, qui a atteint de nombreux pays, dont la Grande-Bretagne, l'Espagne, le Portugal, le Mexique, l'Australie et la Russie.

Le logiciel verrouille les fichiers des utilisateurs et les force à payer une somme d'argent sous forme de bitcoins pour en recouvrer l'usage: on l'appelle le "rançongiciel ".

En Grande-Bretagne, plusieurs hôpitaux ont été visés et a notamment entraîné des annulations de rendez-vous.

L'Office européen des polices Europol a, dans un communiqué, qualifié l'attaque "d'un niveau sans précédent" qui "exigera une investigation internationale complexe pour identifier les coupables ". Cette anomalie a été divulgée dans des documents piratés de l'agence de sécurité américaine, la NSA.