Samedi, 21 Octobre, 2017

A l'Otan, Trump bouscule ses Alliés et refuse de s'engager

Jean-Pascal Bellegarde | 27 Mai, 2017, 00:41

Donald Trump s'est bien gardé de prononcer les mots rassurants que tout le monde attendait: un soutien explicite à l'"article 5" de l'Otan, qui prévoit que les Alliés volent au secours d'un des leurs en cas d'agression extérieure.

"L'Otan du futur doit se concentrer sur le terrorisme et l'immigration, ainsi que sur les menaces de la Russie sur les frontières est et sud de l'Otan", a-t-il déclaré lors d'un discours. Il s'est appuyé sur ces exigences pour réclamer que les Alliés mettent davantage la main à la poche.

Lors de cette rencontre, les 28 chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'OTAN approuvent l'entrée de l'Alliance dans la coalition contre Daesh.

Le magnat de l'immobilier n'a pas résisté à lancer une pique sur le coût du nouveau siège (1,1 milliard d'euros): "Je n'ai jamais demandé combien cela avait coûté", a-t-il plaisanté. " On a un agenda extrêmement large à discuter au sujet de la lutte contre le terrorisme, l'économie, les sujets climatiques et énergétique ", a indiqué le président français, avant d'ajouter: " Ce sommet de l'Otan est pour nous l'occasion d'une première rencontre et je suis très heureux de pouvoir, ensemble, changer beaucoup de choses".

Et la Première ministre britannique, Theresa May, n'a pu cacher son agacement devant des fuites, dans la presse américaine, d'informations cruciales dans l'enquête sur l'attentat de Manchester.

"C'est un grand honneur pour moi d'être avec le nouveau président de la France, qui a mené une campagne incroyable et a remporté une formidable victoire", a lancé le président républicain, qui s'enorgueillit d'avoir bousculé les codes traditionnels de la politique en accédant à la surprise générale à la Maison Blanche.

"Je vais clairement dire au président Trump que les renseignements qui sont partagés entre nos services respectifs doivent rester confidentiels", a-t-elle dit.

"Il n'y a pas de relation que nous chérissons le plus que la 'relation spéciale' entre les Etats-Unis et le Royaume-uni", a-t-il martelé. Il a également exhorté ses homologues de l'Otan à respecter un moment de silence pour les victimes et les familles de "l'attaque sauvage" de Manchester.

Les nombreuses fuites à Washington - y compris des informations confidentielles sur des préparatifs d'attentats de l'EI à l'aide d'un ordinateur portable dans un avion, que M. Trump a partagées avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dans le Bureau ovale - ont déclenché de vives polémiques depuis la prise de fonction du dirigeant américain.

Certes, Emmanuel Macron, élu le 7 mai et investi une semaine plus tard dans ses fonctions, avait entamé son mandat par un déplacement à Berlin et s'était rendu quelques jours plus tard au Mali pour rendre visite aux troupes françaises.