Jeudi, 19 Janvier, 2017

Benyettou: 2 sénateurs saisissent le CSA

L'ex-jihadiste Farid Benyettou raconte L'ex-mentor des frères Kouachi fait sa promo chez Ardisson et Twitter s'insurge ! (revue de tweets) (MàJ)
Manon Joubert | 12 Janvier, 2017, 07:12

Mais si Farid Benyettou venait parler du livre dans lequel il dénonce les mécanismes de l'embrigadement djihadiste et explique désormais mettre son expérience au service de la déradicalisation, son intervention a été perçue par beaucoup comme une provocation.

Même son de cloche du côté de l'Association française des victimes du terrorisme, qui pointe du doigt une "récupération mercantile des commémorations des attentats de janvier 2015" par Farid Benyettou et la co-auteur du livre Mon jihad, itinéraire d'un repenti Dounia Bouzar. Deux sénateurs, Nathalie Goulet (LR) et André Reichardt (IDI) ont annoncé qu'ils avaient l'intention de saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

"La séquence Bouzar-Benyettou livre / promo / réhabilitation est scandaleusement inopportune, déplacée et indécente", estime Jean-Charles Brisard, le président du centre d'analyse du terrorisme sur Twitter.

Ce mardi 10 janvier, Thierry Ardisson a réagi pour la première fois à la polémique suscitée par la venue de l'ex-mentor des frères Kouachi dans son émission samedi dernier. Il a précisé que la date de parution du livre avait pour but "d'envoyer un message d'espoir dans cette période d'hommage". Il y a quelques années, celui qui se faisait appeler "l'émir des Buttes-Chaumont" et qui recrutait des jeunes candidats à la guerre ainte avait en effet aidé les frères Kouachi à se former au djihadisme. "J'ai pris conscience", écrit-il dans un communiqué publié avant-hier "que mes apparitions médiatiques ont mis plusieurs personnes mal à l'aise. Et puisque je ne cherche pas à offenser qui que ce soit à travers mes propos, j'ai donc pris la décision de ne plus intervenir publiquement à compter de ce jour", assure-t-il, ajoutant que cela ne change pas son engagement. "J'avais à coeur d'assumer et de rassurer, pas d'offenser ni d'insulter", répond Farid Beyettou à l'AfVT dans un communiqué qu'il a rendu public.